Cinéma

Samedi 16 août 2008 6 16 /08 /Août /2008 17:47

Ce 13 août deux films sont sortis  : « Gomorra » de Matteo Garrone et The Dark Knight (Batman) de Christopher Nolan. Bref Batman contre « Gomorra » comme l'imagine le caricaturiste Pier Gajewski. Si un tel film est réalisé ça va saigner.... 

Je ne les ai pas encore vu mais ça ne serait tarder. En attendant deux excellentes critiques parues dans Bakchich.info


© PieR Gajewski





Gomorra, voir Naples et mourir

http://www.bakchich.info/article4705.html


Ciné / mercredi 13 août par Beniamino Nicolo

Grand Prix du jury du festival de Cannes 2008, le film « Gomorra » de Matteo Garrone sort ce mercredi 13 août dans les salles françaises. Adapté du roman de Roberto Saviano, best-seller avec environ 1,2 millions d’exemplaires vendus en Italie, « Gomorra » ouvrage déjà culte, se transfigure en une fresque sociale ultra-réaliste au plus profond de l’empire de la Camorra.

Dès les premières minutes, le spectateur plonge son regard dans la fournaise napolitaine. La violence et la mort transpirent des habitations des quartiers délabrés de la banlieue nord de Naples. Les plus pauvres des habitants ne survivent à cet endroit que grâce au bon vouloir de la plus puissante organisation criminelle d’Europe.

Ce film coup de poing trace les trajectoires de vie sinueuses de sept personnages broyés par « le Système », véritable nom de la mafia napolitaine dite Camorra. Toto, 13 ans, rêve de faire partie de ce mécanisme infernal de la criminalité organisée. Don Ciro est l’assistant social de son clan et apporte l’argent aux familles dont les membres sont morts ou emprisonnés. Le parcours anarchique de Marco et de Ciro prouve que ce Système, tout comme d’autres, condamne les électrons libres réfractaires aux règles fixées. Roberto et Franco excellent dans la dispersion et le traitement des déchets toxiques. Enfin Pasquale, peut-être « le meilleur tailleur du monde », travaille pour un salaire de misère dans un atelier clandestin à la confection de vêtements pour la haute couture « Made in Italia ». Pourtant, dans le film Gomorra, vous ne verrez pas Angélina Jolie « lors de la soirée des Oscars, vêtue d’un magnifique tailleur-pantalon en satin blanc » fait à Arzano « par Pasquale » (dans le livre). Trop reconnaissables, ce tailleur-pantalon d’une maison de luxe italienne et Madame Pitt ont été remplacés dans le film par Scarlett Johansson vêtue d’une longue robe blanche. Pression de l’industrie du luxe ? Problème de droit à l’image ? Ce film dérange définitivement. Matteo Garrone, fidèle à Saviano, ne dénonce pas seulement le Système camorriste mais également un autre système beaucoup plus opaque de production et de commercialisation globalisé, le capitalisme.

Un livre : une vie

La Camorra, gouverne les corps comme les âmes, les vivants comme les morts. Mais « le mot Camorra n’existe pas, prévient l’auteur Roberto Saviano, c’est un mot de flics utilisé par les magistrats, les journalistes et les scénaristes ». Le terme que les affiliés emploient dans leur langage courant est le Système. C’est l’une des entreprises mafieuses les plus puissantes d’Europe, avec un chiffre d’affaire dépassant de loin le groupe italien Fiat. Les clans mafieux camorristes incarnent un Léviathan moderne. Ils rongent Naples et ses habitants de l’intérieur. La terre napolitaine, les femmes et les hommes de Campanie se meurent de ne pouvoir exister en dehors du Système. Il est tout. Il veut tout et tout de suite. Tous les secteurs de l’économie sont investis. Peu importe la destruction de l’homme et de son environnement, s’il y a un maximum de profits à la clé. Les trafics illégaux de drogues, d’armes ou de cigarettes, tout comme les extorsions ne sont pas l’apanage des activités mafieuses. La mafia napolitaine est implantée dans de nombreux secteurs plus ou moins licites, l’agro-alimentaire, le textile, les travaux publics, le traitements des déchets, le détournement des subventions européennes. Sa raison de vivre hyper-capitaliste se définit par l’accumulation prédatrice et violente des richesses.

Écrivain-journaliste, Roberto Saviano est aussi chercheur pour l’Observatoire sur la Camorra et l’illégalité. Depuis la publication de son livre en 2006, il vit sous protection judiciaire et réside aujourd’hui dans une localité tenue secrète, sans possibilité de sortir d’Italie. Un contrat sur la tête, il n’a que 29 ans.



Quelles différences entre le monde des affaires et celui de la Camora si ce n'est qu'un incarne une économie plus ou moins licite et une autre plus ou moins illicite ?


Batman et Bin Laden


http://www.bakchich.info/article4709.html


Terrorisme / mercredi 13 août 2008

Batman affronte le terroriste ultime, le Joker, dans une Amérique toujours traumatisée par le 11 Septembre. Un film sombre, imparfait, mais politiquement malin. Et avec une performance hallucinée d’Heath Ledger.

Bon, la cause est entendue, The Dark Knight serait le film de l’été, un chef-d’œuvre de noirceur, la meilleure adaptation ciné d’un comics… Pour preuve, les 500 millions de dollars bientôt moissonnés aux USA, les fans en délire et la critique gaga qui loue le génie du réalisateur Christopher Nolan et l’abattage d’Heath Ledger, qui mérite « un Oscar posthume » (ça lui fera une belle jambe !) Alors ? Avec les records au box-office et le marketing obscène qui joue sur la mort tragique de Ledger, on en oublie quand même l’essentiel, à savoir le scénario, une histoire sombre et glauque à souhait, certes, mais pour le moins laborieuse et bancale.

Gotham City. Batman est le justicier ultime, le roi de la mandale, du double salto arrière et du coup de boule dans les gencives. Œil pour œil, dentier pour dentier. Adepte de la justice expéditive, Batman a tellement nettoyé sa ville au kärcher que la racaille est quasiment au chômage. Super Sarko, quoi ! Survient le très allumé Joker, son crayon affûté, son maquillage craspec, ses répliques marrantes (« Cette ville a besoin de criminels d’une meilleure classe »). Il va empêcher le vigilante de cogner en rond, fabriquer de toutes pièces un autre vilain, Two Face, et rétablir le chaos à Gotham. Avant de comprendre que Batman est son double, un illuminé comme lui, et que les deux hommes sont les deux faces de la même pièce, incapables d’exister l’un sans l’autre. Pourquoi pas ? Mais bientôt, le Bat fan est pris d’un doute et éprouve un atroce sentiment de déjà-vu. Le « chef-d’œuvre » annoncé est en fait le repompage éhonté de deux BD (non créditées), Dark Knight (même titre en plus) de Frank Miller, et The Killing Joke (Souriez !) d’Alan Moore, deux classiques d’une vingtaine d’années.

Un film entre « manifeste pop, blockbuster calibré et brûlot politique »

Comme c’est pas beau de copier, Nolan tente de brouiller les pistes : plus d’action, même si ce n’est pas sa spécialité, plus de noirceur, plus de psychanalyse et plein d’acteurs sympas pour faire joli. À l’arrivée, la chose dure 2h30 ; c’est beaucoup trop, d’autant que Nolan a multiplié les scènes d’exposition balourdes, les incohérences, les sous-intrigues inutiles (Batman s’éclate en deltaplane à Hong Kong !), les coups de théâtre. Plus malin, il emballe le tout d’un discours politique, comparant le Joker à un Ben Laden aux cheveux verts. Terroriste punk, le Joker pose ses bombes un peu partout, menace d’éventrer un immeuble, demeure insaisissable dans sa tanière, se fend de petites déclarations à la télé… Quant à Batman, il attire les criminels comme le World Trade Center aimantait les terroristes. Comme George W. Bush, l’homme chauve-souris veut éparpiller façon puzzle l’axe du Mal sans comprendre qu’il en fait partie.

The Dark Knight est donc un objet étrange, entre manifeste pop, blockbuster calibré et brûlot politique. Accumulant les cascades pas très passionnantes, Nolan, 38 ans, instille à nouveau ses obsessions sur le thème du double et le chiffre 2. De fait, The Dark Knight ressemble à un remake du formidable Le Prestige, son précédent film, duel à mort, sombre et névrotique, où deux magiciens, deux anciens amis rongés par la haine et la jalousie, s’affrontaient pour percer les secrets de l’autre.

Le grand atout du film, son joker, c’est Heath Ledger bien sûr. Avec sa diction sans ponctuation à la Christopher Walken, sa façon de pencher sa tête sur le côté, de sortir la langue de sa bouche tel un reptile, de recoiffer ses cheveux gras, Ledger fait une composition stu-pé-fiante. Il hérite des meilleures scènes, des meilleures répliques (dont la très dingo-nietzschéene « What doesn’t kill you makes you stranger »). Effrayant bien sûr, mais surtout terriblement humain, le Joker électrise le film à chaque apparition. Mais c’est le très mou Batman qui vampirise l’écran et le temps paraît bien long quand le Joker, le véritable chevalier noir de l’histoire, s’absente. Pourtant, on aimerait bien être avec lui, voir ce qu’il trame, comment il s’éclate, plutôt que de subir les atermoiements du justicier dépressif, obligé de porter cette vilaine cagoule aux oreilles de hyène. La honte, quoi !


Une tour qui explose et une allusion aux attentats contre le WTC comme dans presque tous les films américians réalisés après le 11 sptembre 2001.

 

 

 

Par Dolcino - Publié dans : Cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 16 août 2008 6 16 /08 /Août /2008 11:12
Bienvenue chez les Ch’tis , film français réalisé par Dany Boon, sorti le 20 février 2008, a dépassé le nombre d’entrées réalisées par La Grande Vadrouille en détenant avec 20 328 052 de spectateurs (au 29 juillet 2008), le deuxième meilleur score du box-office français, derrière Titanic (20 758 887 entrées).


Le succès de cette comédie populaire tient à la qualité de l'humour, la gentillesse et l'humilité du film ainsi que la réalisation. L'histoire est simple. Diecteur d’une agence du Sud de la France, Philippe Abrams (Kad Merad) écope d’une mutation disciplinaire de deux ans à Bergues dans le Nord, près de Dunkerque. Il tente de cacher la nouvelle à sa femme dépressive (Zoé Félix) mais lorsque celle-ci découvre la vérité, elle décide de rester dans le Sud avec leur fils et annonce à Philippe qu'il doit partir seul.

Philippe et Julie ne connaissent le Nord qu'à travers des clichés. Le grand-oncle de Julie (Michel Galabru) décrit cette région comme inhospitalière où règne un froid polaire. Philippe quitte donc sa région avec de nombreux a priori négatifs à l'esprit. Ses premiers instants dans le Nord-Pas-de-Calais lui font croire que ces clichés sont bel et bien réels : des trombes d'eau s'abattent sur sa voiture lorsqu'il franchit le panneau autoroutier indiquant l'entrée dans la région.

Lorsqu'il rencontre Antoine (Dany Boon), l'un des préposés du bureau auquel il a été affecté, il a des difficultés à le comprendre. Antoine l'héberge provisoirement chez sa mère (Line Renaud), envahissante et autoritaire, avec qui il vit. Cependant, après quelques jours, Philippe apprend à connaître ses autres collègues Annabelle (Anne Marivin), Fabrice (Philippe Duquesne) et Yann (Guy Lecluyse) et se lie d'amitié avec Antoine. Il découvre également une région très hospitalière et chaleureuse.

Pour Elise Ovart-Baratte 28 ans, socialiste, secrétaire de section du Vieux-Lille, chercheuse en histoire contemporaine et ancienne chargée de communication de Martine Aubry, ce film renforce « les poncifs anti-Nord».

Ces reproches sont nombreux. D’abord, le héros du film quitte le Nord : « S’il l’a tant aimé, pourquoi repart-il ? » Ensuite les postiers nordistes sont présentés comme des gens « pas intelligents », et puis « prompts à picoler », « quasi obèses », et qui parlent patois tout le temps. Elle estime que seuls les Nordistes peuvent le percevoir le deuxième degré et assure que le film aura des «effets boomerang» désastreux, dont l’affaire de la banderole du PSG est le premier.

 

Non, le Nord-Pas de Calais, ce n'est pas cela, proteste la jeune chercheuse, qui, pour s'être étonnée publiquement que le Conseil régional ait accordé une subvention de 600.000 euros au film de Dany Boon, s'est faite sévèrement réprimander par son entourage. Aujourd' hui, elle persiste et signe dans son livre en posant des questions qui fâchent : pourquoi, malgré les formidables transformations que cette région a connues ces vingt dernières années, sait-elle si peu mettre en valeur les innombrables atouts dont elle dispose ? Pourquoi ses habitants se complaisent-ils dans une vision passéiste de leur région ? Pourquoi les Français ont-ils une meilleure image de la Belgique pourtant plus au nord ?

Faudrait-il donc s’abstenir de dire que les habitants du Nord-Pas-de-Calais sont parmi les plus pauvres, les plus chômeurs, et à la santé la plus mauvaise en France ? Pour elle la situation du Nord-Pas de Calais se heurte à des problèmes d’image.  C'est d'ailleurs l'objet de la thèse de son doctorat. «Il ne faut pas le mettre en avant, si on veut attirer les investisseurs, et ainsi sortir les gens de ces situations révoltantes» écrit-elle. 

Il y a un petit problème dans ses affirmations. Bienvenue chez les Ch’tis est avant tout une comédie populaire et non un film de promotion pour le Nord à destination d'éventuel investisseurs. Toutes comédies reposent sur des clichés. On aurait pu faire les mêmes critiques vis à vis de Marcel Pagnol lorsque ce dernier a écrit et réalisé la Trilogie Marseillaise (Marius, Fanny , César) donnant naissance avec le personnage de César (joué par Raimu) au cliché du "bon Marseillais" bavard et 
obtus.

A force de vouloir faire des comédies pour sastisfaire d'éventuels investisseurs on va finir par faire des remakes que la Petite Maison dans la prairie. Si les comédies reposent souvant sur des clichés c'est un fait, mais ces dernières ont une part de vérité (même s'il s'agit de mirroir déformant) au contraire de "la com" qui est avant tout l'art de mentir.
         


Elise Ovart-Baratte, Les Ch’tis, c’était les clichés, éd. Calmann-Lévy, 11 €, parution le 26 août.

 

 

Par Dolcino - Publié dans : Cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Profil

  • Dolcino
  • Le blog de Dolcino
  • Homme
  • 28/02/1963
  • cinéma art photo voyages nature
  • Habitant le Sud de la France je cherche par l'échange de savoir, idées et expériences m'enrichir. Découvrir et faire découvrir les chose tel est mon bon plaisir.

Présentation

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Catégories

Derniers Commentaires

Recherche

Recommander

Créer un Blog

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus