Ce 13 août deux films sont sortis : « Gomorra » de Matteo Garrone et The Dark Knight (Batman) de
Christopher Nolan. Bref Batman contre « Gomorra » comme l'imagine le caricaturiste Pier Gajewski. Si un tel film est réalisé ça va saigner....
Je ne les ai pas encore vu mais ça ne serait tarder. En attendant deux excellentes critiques parues dans Bakchich.info
© PieR Gajewski
Gomorra, voir Naples et mourir
http://www.bakchich.info/article4705.html
Ciné / mercredi 13 août par Beniamino Nicolo
Grand Prix du jury du festival de Cannes 2008, le film « Gomorra » de Matteo Garrone sort ce mercredi 13 août dans les salles françaises. Adapté du roman de Roberto Saviano, best-seller avec environ 1,2 millions d’exemplaires vendus en Italie, « Gomorra » ouvrage déjà culte, se transfigure en une fresque sociale ultra-réaliste au plus profond de l’empire de la Camorra.
Dès les premières minutes, le spectateur plonge son regard dans la fournaise napolitaine. La violence et la mort transpirent des habitations des quartiers délabrés de la banlieue nord de Naples. Les plus pauvres des habitants ne survivent à cet endroit que grâce au bon vouloir de la plus puissante organisation criminelle d’Europe.
Ce film coup de poing trace les trajectoires de vie sinueuses de sept personnages broyés par « le Système », véritable nom de la
mafia napolitaine dite Camorra. Toto, 13 ans, rêve de faire partie de ce mécanisme infernal de la criminalité organisée. Don Ciro est l’assistant social de son clan et apporte l’argent aux
familles dont les membres sont morts ou emprisonnés. Le parcours anarchique de Marco et de Ciro prouve que ce Système, tout comme d’autres, condamne les électrons libres réfractaires aux règles
fixées. Roberto et Franco excellent dans la dispersion et le traitement des déchets toxiques. Enfin Pasquale, peut-être « le meilleur tailleur du monde »,
travaille pour un salaire de misère dans un atelier clandestin à la confection de vêtements pour la haute couture « Made in Italia ». Pourtant, dans le film Gomorra, vous ne verrez pas
Angélina Jolie « lors de la soirée des Oscars, vêtue d’un magnifique tailleur-pantalon en satin blanc » fait à Arzano « par
Pasquale » (dans le livre). Trop reconnaissables, ce tailleur-pantalon d’une maison de luxe italienne et Madame Pitt ont été remplacés dans le film par Scarlett Johansson vêtue d’une
longue robe blanche. Pression de l’industrie du luxe ? Problème de droit à l’image ? Ce film dérange définitivement. Matteo Garrone, fidèle à Saviano, ne dénonce pas seulement le
Système camorriste mais également un autre système beaucoup plus opaque de production et de commercialisation globalisé, le capitalisme.
Un livre : une vie
La Camorra, gouverne les corps comme les âmes, les vivants comme les morts. Mais « le mot Camorra n’existe pas, prévient l’auteur Roberto Saviano, c’est un mot de flics utilisé par les magistrats, les journalistes et les scénaristes ». Le terme que les affiliés emploient dans leur langage courant est le Système. C’est l’une des entreprises mafieuses les plus puissantes d’Europe, avec un chiffre d’affaire dépassant de loin le groupe italien Fiat. Les clans mafieux camorristes incarnent un Léviathan moderne. Ils rongent Naples et ses habitants de l’intérieur. La terre napolitaine, les femmes et les hommes de Campanie se meurent de ne pouvoir exister en dehors du Système. Il est tout. Il veut tout et tout de suite. Tous les secteurs de l’économie sont investis. Peu importe la destruction de l’homme et de son environnement, s’il y a un maximum de profits à la clé. Les trafics illégaux de drogues, d’armes ou de cigarettes, tout comme les extorsions ne sont pas l’apanage des activités mafieuses. La mafia napolitaine est implantée dans de nombreux secteurs plus ou moins licites, l’agro-alimentaire, le textile, les travaux publics, le traitements des déchets, le détournement des subventions européennes. Sa raison de vivre hyper-capitaliste se définit par l’accumulation prédatrice et violente des richesses.
Écrivain-journaliste, Roberto Saviano est aussi chercheur pour l’Observatoire sur la Camorra et l’illégalité. Depuis la publication de son
livre en 2006, il vit sous protection judiciaire et réside aujourd’hui dans une localité tenue secrète, sans possibilité de sortir d’Italie. Un contrat sur la tête, il n’a que 29 ans.
Quelles différences entre le monde des affaires et celui de la Camora si ce n'est qu'un incarne une économie plus ou moins licite et une autre plus ou moins illicite
?
Batman et Bin Laden
http://www.bakchich.info/article4709.html
Terrorisme / mercredi 13 août 2008
Batman affronte le terroriste ultime, le Joker, dans une Amérique toujours traumatisée par le 11 Septembre. Un film sombre, imparfait, mais politiquement malin. Et avec une performance hallucinée
d’Heath Ledger.
Bon, la cause est entendue, The Dark Knight serait le film de l’été, un chef-d’œuvre de noirceur, la meilleure
adaptation ciné d’un comics… Pour preuve, les 500 millions de dollars bientôt moissonnés aux USA, les fans en délire et la critique gaga qui loue le génie du réalisateur Christopher Nolan et
l’abattage d’Heath Ledger, qui mérite « un Oscar posthume » (ça lui fera une belle jambe !) Alors ? Avec les records au box-office et le marketing obscène qui joue sur la mort
tragique de Ledger, on en oublie quand même l’essentiel, à savoir le scénario, une histoire sombre et glauque à souhait, certes, mais pour le moins laborieuse et bancale.
Gotham City. Batman est le justicier ultime, le roi de la mandale, du double salto arrière et du coup de boule dans les gencives. Œil pour œil, dentier pour
dentier. Adepte de la justice expéditive, Batman a tellement nettoyé sa ville au kärcher que la racaille est quasiment au chômage. Super Sarko, quoi ! Survient le très allumé Joker,
son crayon affûté, son maquillage craspec, ses répliques marrantes (« Cette ville a besoin de criminels d’une meilleure classe »). Il va empêcher le vigilante de
cogner en rond, fabriquer de toutes pièces un autre vilain, Two Face, et rétablir le chaos à Gotham. Avant de comprendre que Batman est son double, un illuminé comme lui, et que les deux hommes
sont les deux faces de la même pièce, incapables d’exister l’un sans l’autre. Pourquoi pas ? Mais bientôt, le Bat fan est pris d’un doute et éprouve un atroce sentiment de déjà-vu. Le
« chef-d’œuvre » annoncé est en fait le repompage éhonté de deux BD (non créditées), Dark Knight (même titre en plus) de Frank Miller, et The
Killing Joke (Souriez !) d’Alan Moore, deux classiques d’une vingtaine d’années.
Un film entre « manifeste pop, blockbuster calibré et brûlot politique »
Comme c’est pas beau de copier, Nolan tente de brouiller les pistes : plus d’action, même si ce n’est pas sa spécialité, plus de noirceur, plus de psychanalyse et plein d’acteurs sympas pour faire joli. À l’arrivée, la chose dure 2h30 ; c’est beaucoup trop, d’autant que Nolan a multiplié les scènes d’exposition balourdes, les incohérences, les sous-intrigues inutiles (Batman s’éclate en deltaplane à Hong Kong !), les coups de théâtre. Plus malin, il emballe le tout d’un discours politique, comparant le Joker à un Ben Laden aux cheveux verts. Terroriste punk, le Joker pose ses bombes un peu partout, menace d’éventrer un immeuble, demeure insaisissable dans sa tanière, se fend de petites déclarations à la télé… Quant à Batman, il attire les criminels comme le World Trade Center aimantait les terroristes. Comme George W. Bush, l’homme chauve-souris veut éparpiller façon puzzle l’axe du Mal sans comprendre qu’il en fait partie.
The Dark Knight est donc un objet étrange, entre manifeste pop, blockbuster calibré et brûlot politique. Accumulant les cascades pas très passionnantes, Nolan, 38 ans, instille à nouveau ses obsessions sur le thème du double et le chiffre 2. De fait, The Dark Knight ressemble à un remake du formidable Le Prestige, son précédent film, duel à mort, sombre et névrotique, où deux magiciens, deux anciens amis rongés par la haine et la jalousie, s’affrontaient pour percer les secrets de l’autre.
Le grand atout du film, son joker, c’est Heath Ledger bien sûr. Avec sa diction sans ponctuation à la Christopher Walken, sa façon de pencher sa tête sur le côté, de sortir la langue de sa bouche tel un reptile, de recoiffer ses cheveux gras, Ledger fait une composition stu-pé-fiante. Il hérite des meilleures scènes, des meilleures répliques (dont la très dingo-nietzschéene « What doesn’t kill you makes you stranger »). Effrayant bien sûr, mais surtout terriblement humain, le Joker électrise le film à chaque apparition. Mais c’est le très mou Batman qui vampirise l’écran et le temps paraît bien long quand le Joker, le véritable chevalier noir de l’histoire, s’absente. Pourtant, on aimerait bien être avec lui, voir ce qu’il trame, comment il s’éclate, plutôt que de subir les atermoiements du justicier dépressif, obligé de porter cette vilaine cagoule aux oreilles de hyène. La honte, quoi !
Une tour qui explose et une allusion aux attentats contre le WTC comme dans presque tous les films américians réalisés après le 11 sptembre 2001.
Lorsqu'il rencontre Antoine (Dany Boon), l'un des préposés du bureau
auquel il a été affecté, il a des difficultés à le comprendre. Antoine l'héberge provisoirement chez sa mère (Line Renaud), envahissante et autoritaire, avec qui il vit. Cependant, après quelques
jours, Philippe apprend à connaître ses autres collègues Annabelle (Anne Marivin), Fabrice (Philippe Duquesne) et Yann (Guy Lecluyse) et se lie d'amitié avec Antoine. Il découvre également une
région très hospitalière et chaleureuse.
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