Vendredi 13 février 2009

Un cliché sur la crise des subprimes primé au World Press Photo


Cet article a été publié dans Libération. Je vous fais le plaisir de partabger ma passion pour la reportage photographique. La photo primée de l'année 2008 est bien révélatrice de la situation que connait notre monde. Le World Press Photo a son propre site où son en ligne les photos qui ont été primés depuis 1955. Je vous conseille de visiter leur site où vous trouverez beaucoup de photos chocs de notre XXe siècle bien cahotique. Et celui qui vient l'est aussi bien cahotiue que le précédent.  

http://www.worldpressphoto.org/index.php?option=com_photogallery&task=blogsection&id=15&Itemid=115&bandwidth=high


Le premier prix du World Press Photo 2008 a été attribué au photographe américain, Anthony Suau.

La photographie primée d'Anthony Suau. (Anthony Suau, USA, for Time)



Un photographe américain, Anthony Suau, est le lauréat du World Press Photo Award 2008 pour un cliché illustrant la crise des subprimes aux Etats-Unis, ont annoncé ce vendredi à Amsterdam les organisateurs du plus prestigieux concours de photojournalisme.


Sur la photo en noir et blanc, prise en mars 2008, un policier armé s’assure qu’une maison est bien vide et sans danger, au milieu des biens abandonnés sur place par les propriétaires qui ne pouvaient plus rembourser leur emprunt immobilier.


«La force de cette photo est dans ses contrastes. Elle a l’air d’une photo de conflit mais il s’agit seulement de l’expulsion des occupants d’une maison»
, a déclaré la présidente du jury MaryAnne Golon. «La guerre entre maintenant dans les maisons des gens parce qu’il ne peuvent plus rembourser leur emprunt».


«C’est une photo ambiguë»
, a estimé de son côté un autre membre du jury, Akinbode Akinbiyi. «Il faut comprendre de quoi il s’agit et alors les gens partout dans le monde se disent : "cela peut nous arriver aussi"».


Soixante-quatre photographes, de 27 nationalités différentes, ont été récompensés par le jury en 2008, dans dix catégories. Les participants au concours représentaient 124 nationalités au total.

Par Dolcino - Publié dans : Photographie
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Dimanche 4 janvier 2009

Je parlais dans mon dernier blog du cinquantenaire de la révolution cubaine. Plusieurs initiatives sont prévus dans la région dont le Festival Arte Cubano organisé par l'association Cuba del sol

 
http://www.cubadelsol.org/




GARDANNE


Du 14 au 20 Janvier 2009 : Semaine du Cinéma Cubain à Gardanne


Travelling du cinquantenaire


Cuba est à l’affiche au 3 Casinos de Gardanne du mercredi 14 au mardi 20 janvier 2009.

En 8 jours et 8 films, Arte Cubano propose aux spectateurs une traversée en salle noire dans les périodes artistiques cubaines depuis la révolution qui eut lieu durant la nuit du réveillon 1958 où l’île a terminé son année en république bourgeoise sucrière et s’est réveillé en 1959 révolutionnaire… !

8 films - 14 séances

- Fraise et chocolat (1993) Réalisateurs : Tomás Gutiérrez Alea et Juan Carlos Tabío
Film cubain, espagnol et mexicain. Récompensé par de nombreux prix à Cuba et dans le monde entier.


- Guantanamera (1996) Réalisateurs : Tomás Gutiérrez Alea, Juan Carlos Tabío
Comédie - durée 1h41


- Cuba Feliz
(1999) Réalisateur Karim Dridi - Musique : El Gallo
Film : Cuba, France. Genre musical - Durée 90 mn

Musica cubana (2004) Réalisateur : German Kral - Film allemand

Carnets de voyage (2004) Réalisateur : Valter Salles - Durée 2h06


- Adieu Cuba
(2006) Réalisateur : Andy Garcia
avec Andy Garcia, Dustin Hoffman, Bill Murray, Inès Sastre
Titre original The Lost City (USA). Drame - Durée 2h23.

- Le Rideau de sucre, 2007 Réalisatrice franco chilienne : Camila Guzman Urzù. Documentaire
Durée 1h20. Prix Louis Marcorelles.


Et en plus à Aix-en-Provence : Soy cuba au cinéma Renoir d'Aix-en-Provence, en synergie avec le Festival de Gardanne.

Réalisateur : Mikhaïl Kalatozov, en collaboration avec le poète Evgueni Evtouchenko et le
chef-opérateur Sergueï Ouroussevski.


Soirées débat
Horaires en Janvier 2009 - Programme
Festival du cinéma


Cinéma Les 3 Casinos - 11, cours Forbin - Gardanne
Site : www.cinema-gardanne.fr



Gardanne, cinéma Casino 3 (Photo Eric L.)

GARDANNE

Samedi 17 janvier 2009

Défilé et exposition de voitures américaines anciennes sur le cours Forbin (vers le cinéma 3 Casino)

Animation salsa dans l’après-midi, soirée cubaine au restaurant la 3 Cafèt’


AIX EN PROVENCE


Mercredi 21 janvier 2009 à 18h00 à l'IEP d'Aix en Provence

Conférence : Cuba : il y a 50 ans une révolution aux portes des Etats-Unis

2009 est l’anniversaire des cinquante ans de la Révolution : l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence ouvre ses portes pour une analyse historique d’un contexte qui a vu l’impossible se réaliser : le renversement, à moins de 100 km de Miami, d’une dictature soutenue par les Etats-Unis, par un groupe de barbudos un peu illuminés. Comment une équipée, qui commence dans la tragédie de l’échouage du Granma dont seule une douzaine de guérilleros survivront, arrivera sans soutien logistique externe, peu aguerris à l’art militaire, a-t-elle pu conquérir en moins de 2 ans un pays militarisé et encadré par les experts américains ? Qui sont ces hommes et femmes qui ont cru en leur destin ?

Ces questions historiques resurgissent dans l’actualité au moment où un nouveau président, une nouvelle vision prend les rênes de la première puissance mondiale.

Cette conférence débat s’inscrit dans le cycle des manifestations accueillies par "Sciences Po Aix" Elle sera animée par François-Michel Lambert, directeur du Festival Arte Cubano avec la participation exceptionnelle de Elio Fidel, historien membre de l’ambassade de Cuba et Daniel van Eeuwen, directeur du Centre de recherches sur l'Amérique latine et les Caraïbes (CREALC) à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence.

Institut d’études politiques IEP

25 rue Gaston de Saporta 13100 Aix-en-Provence
Parking Pasteur - Entrée libre

Castro, Cuba janvier 1959

GARDANNE

Samedi 24 janvier à 18H30

Diner littéraire à Gardanne
"Du néo-baroque cubain à l’expression américaine"
(Alejo Carpentier et José Lezama Lima)


Arte Cubano propose un dîner littéraire autour d’une conversation intimiste avec Benito Pelegrín.

Il portera un regard chaleureux sur la littérature cubaine du XX° siècle à travers de l’œuvre d’Alejo Carpentier (1904-1980). Elle a pris racine dans l’afro-cubanisme et dans un brassage métissant culture européenne et américaine, cherchant une authentique expression latino-américaine à travers le Baroque, au style ample, luxuriant à l’image de ce continent démesuré.

Alejo Carpentier, avec Lezama Lima, est l’un des deux géants des lettres cubaines du XX e siècle. Sa vie est à l’image de ses livres. Il a fui la dictature de Machado avec les papiers d'identité de... Robert Desnos rencontré à la Havane en 1928. Il a frayé avec les surréalistes et s’en est vite séparé pour chercher, de ses exils, une identité américaine originale.

Il situe presque tous ses romans à un tournant décisif pour l'avenir de l'Amérique ou de l'humanité. Il est aussi le théoricien du « réalisme merveilleux », ce fil rouge de presque toute la littérature cubaine, voire sud-américaine. en 1977, Il reçoit le Prix Cervantès, le plus grand prix littéraire espagnol, décerné pour la première fois à un écrivain latino américain.

A travers lectures, rythmes, mythes déchiffrés, sur les pas retrouvés d'une écriture baroque défrichée, le dîner littéraire en compagnie de Benito Pelegrín, auteur de nombre de travaux et de conférences, de l’ Europe à Cuba, est une invitation au voyage en Carpentier, dans l'espace sud-américain. Benito Pelegrín spécialiste du néo-baroque et de la littérature cubaine.

Agrégé de l'Université, Docteur d'Etat, professeur émérite de l'Université de Provence, écrivain, dramaturge, traducteur, critique musical, journaliste.

à la 3 Cafèt’, 11 cours Forbin - Gardanne
Conférence suivie d’un dîner cubain sur réservation
Prix du repas : 15 euros.
Réservation :
cuba_del_sol@laposte.net - Tél : 06 65 01 06 41


Alejo Carpentier (1904-1980).

AIX EN PROVENCE



Jeudi 29 janvier 2009 à 18h30 à Aix en Provence

Café Philo : La révolution est-elle un bien durable ?

Il y a des périodes où l’Histoire ne peut avancer que par l’effet d’une crise. Au terme de longues périodes de « paix sociale », les tensions larvées ou occultées finissent par s’exacerber et par produire en leur sein un puissant désir de rupture et une quête collective majoritaire d’un nouvel équilibre. Pacifiques ou violentes, les révolutions représentent la reprise en main par le peuple de la gestion des affaires politiques.

Les institutions d’un pays sont alors mises face à leur échec et à leur inéluctable dépassement. Toute révolution est portée par l’enthousiasme populaire d’un temps. Cette impulsion passera-t-elle l’épreuve de la durée pour que le bouleversement politique soit effectif et surtout fructueux ?

Face au temps, les enthousiasmes finissent par s’émousser ; les figures révolutionnaires par se diviser. Ce sont par exemple les figures de Fidel Castro et d’Ernesto Che Guevara pour la révolution cubaine : l’un porteur d’une institutionnalisation de ses principes révolutionnaires, l’autre d’une internationalisation du désir révolutionnaire. L’enthousiasme populaire peut-il être durable ? Toute révolution porte-t-elle en son sein sa propre fin ?

Après une entrée en matière gustative avec tapas et boisson cubaine, Philippe Gautier, philosophe attitré du café, nous amènera, au travers de l’exemple cubain, à nous interroger sur un concept, - défi fondamental pour toute Révolution : le temps !

Porté par l’enthousiasme de ses idéaux, le succès de la « Révolution » ne s’arrête-t-il pas à son accession au pouvoir ? Une fois au pouvoir, comment composer avec la réalité ? A supposer même de faire « tabula rasa » du passé, comment répondre ensuite, dans la durée, à un réel toujours plus complexe que prévu, un réel qui ne se laisse pas enfermer dans le cercle vertueux des idéaux ?

Café des Mots - 48 rue du Puits Neuf
13100 Aix-en-Provence (parking Bellegarde)

Site :
http://lecafedesmots.freeforumfree.com
Réservation : cuba_del_sol@laposte.net - Tél : 06 65 01 06 41- Entrée : 12 euros


MARSEILLE

Vendredi 30 janvier à partir de 18H


Caracas : portraits de Castro et Chavez

Noche Cubana

Soirée au Dock des Suds


La Noche Cubana clôture un mois du festival Arte Cubano
Après de multiples approches de Cuba par la photographie, la littérature et la poésie, l’histoire et l’économie, un ambitieux projet de jumelage entre Marseille et La Havane, la Noche Cubana nous emmène au cœur de la culture cubaine, de sa musique, de son rythme trépidant et envoûtant à la fois.

Dès 18h, Jean-Luc Marty, rédacteur en chef de Géo Magazine, présentera son dernier ouvrage : Rumba.


A 20h30 un premier concert du Sexto Sentido, quatuor féminin accompagné de musiciens, reconnu comme le meilleur groupe féminin cubain actuellement, nous entraînera dans des rythmes enivrants, mélanges de jazz, de bossa nova, Rythm and Blues, hip hop.


En 2e partie de soirée, Salsa Caliente, avec DJ Gass de Radio Latina continuera de nous enivrer jusqu’à l’aube.


Tout au long de la soirée : cours de salsa, diaporama sur écran géant, exposition de photos et d’affiches d’époque, bar et restauration cubains.

Entrée : 20 euros sur www.digitick.com - 25 euros sur place.

 

  Sexto Sentido

Par Dolcino - Publié dans : Actualité
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Jeudi 1 janvier 2009

Dans l'astrologie chinoise nous sommes dans l'année du rat jusqu'au 25 janvier pour rentrer ensuite dans celle du buffle jusqu'au 23 février 2010. Le 07 janvier sur nos écrants français doit sortirChe - 1e partie : L'Argentin(The Argentine) un fim franco-américo-hispanique réalisé par Steven Soderbergh  (réalisateur entre autre d'Erin Brockovicn, seule contre tous, d'Ocean's Eleven, de Solaris, d'Ocean's Twelve et d'Océan's Thirten) avec Benicio Del Toro dans le rôle d'Ernesto "Che" Guevara, Demian Bichir dans le rôle de Fidel Castro et Santiago Cabrera dans le rôle de Camilo Cienfuego. C'est la première partie du diptyque Che  qui se termine avec Guerrilla. Benicio del Toro qui interprète le rôle de Che Guevara a obtenu le prix d'interprétation masculine lors du 61ème festival de Cannes.

Ce que dit le synopsis du film : "Cuba, 1952. Un jeune avocat, Fidel Castro, candidat du Parti du Peuple, veut stopper le général Fulgencio Batista qui prépare un putsch. Mais l'opération échoue malgré l'aide de jeunes soldats et Castro est condamné à 2 ans de prison. Amnistié, il s'exile à Mexico en 1955. À ce moment, un certain Ernesto Guevara, jeune Argentin idéaliste, débute sa carrière politique au Guatemala. Après un complot militaire soutenu par la CIA, Guevara est obligé de se réfugier lui aussi au Mexique. Il rejoint un groupe de révolutionnaire cubain. Le 13 juillet 1955 dans un petit appartement de Mexico, Raúl Castro le présente à son frère ainé, Fidel..."



La seconde partie du film,  Che - 2ème partie : Guerilla (Guerrilla) qui doit sortir le 27 janvier. Elle retrace la vie du Che après la révolution cubaine jusqu'à son assassinat en Bolivie le 9 octobre 1967. 

Ce que dit le synopsis de la deuxième partie du film : "
Suite à la Révolution cubaine, Che Guevara est en pleine gloire. En 1964, il se rend à New York pour s'adresser de manière enflammée aux Nations Unies, pour affirmer son combat pour le "tiers-monde" face à la toute-puissance américaine. Il devient ainsi une figure célèbre de la scène internationale. Mais il disparait soudainement. Personne ne sait où il se trouve. De nombreuses rumeurs de sa mort circulent. Mais il réapparait méconnaissable en Bolivie, où il prépare secrètement la Révolution latino-américaine avec ses camarades cubains et quelques Boliviens. Cette campagne montre toute sa détermination et son abnégation. Elle explique en partie le symbole et le héros populaire qu'est resté au fil du temps le "Che". L'échec de cette révolution marquera sa mort..."



Un fois mort le Che est devenue une légende immortalisé par le photgraphe Alberto Díaz Gutiérrez, plus connu sous le nom d' Alberto Korda (1928-2001).

S'il était de ce monde Ernesto Che Guevara, ce fils d'un médecin argentin, serait âgé de plus de 80 ans. Que serait-il devenu ? Aurait-il conservé ses idéaux d'antan ? Difficile à savoir. C'est avec sa mort que sa légende c'est construite. Son portrait est devenu une véritable icône. Il symbolise à la fois la jeunesse et la révolte. Ceux qui ont commandité sa mort pensait qu'ils mettaient un terme à son entreprise révolutionnaire. Hélas pour eux, à la manière dont ils ont exécuté ils en on fait un martyr et un symbole. Mort il est devenu plus dangereux encore car il est difficile de discréditer un héros mort courageusement. Son fantôme hante non seulement l'Amérique latine mais aussi le reste du monde. Tout juste ont-ils réussi à transformer la figure légendaire du Che en produit marketing. 

 




Certes le Che a ses détracteurs et les tentatives de casser le mythe du Che ne manquent pas.

Vous allez me dire que Che Guevara du sang sur ses mains. Je vous répondrais que les Révolutions ne se font pas dans des salons et que la Résistance avait aussi du sang dans les mains. On oublie facilement de dire que l'histoire du continent Américain est depuis la colonisation occidentale marqué par la violence. Cinq siècles de pillage et de meurtre où seule la loi du plus fort a régné. Même les Etats-Unis reste un pays violent avec sa pratique de la peine de mort, la vente libre des armes, le taux record de détenus sans parler de son histoire avec le massacre des Amérindiens, et l'esclavage puis la ségrégation des noirs. Le continent latino-américianest quand à lui celui des plus fortes inégalités sociales et un est des plus marqués par la violence. Il reste aussi un laboratoire des expériences révolutionnaire. Avant le Che et la révolution cubaine il y avait le Mexique de Pancho Villa et d'Emiliano Zapata.




Vous me direz que Che Guevarra n'était pas un saint homme, un être infaillible qui avait raison sur tout. C'est sur sinon il n'aurait jamais réussi. Mais il en était de même pour Pancho Villa et Zapata. Et alors ! Les Révolutionnaires ne sont pas des Dieux de la mythologie grecque mais des hommes qui ont aussi bien des qualités que des défauts ; qui ont a leur actif autant de réussites que d'échecs. Des être comme vous et moi. Ah qu'il est doux de critiquer les autres dans son fauteuil douillet loin des contraintes d'une situation révolutionnaire. 

Les Révolutions sont des période de crises où le consensus vis à vis d'un Etat, d'un régime s'effondre; où la perte de confiance vis à vis des dirigeants en place entraîne remises en causes et volonté de changement radical. Certes toutes perspectives révolutionnaires font peur car les processus révolutionnaires sont comparable à des guerres où ils y a souvent ni vaincus, ni vainqueurs. Mais parfois elle deviennent inévitables. L'essentiel c'est que les peuples puissent à la fin maîtriser leur destin. Facile à dire certes. Mais c'est là qu'est l'enjeu essentiel. Ce n'est pas les Révolutions qui sont dangereuses mais les contre-révolutions et surtout les Révolutions confisqués comme en URSS, en Chine, Cambodge, Iran et hélas Cuba. La vigilance et la revendication démocratique reste le seul antidote.  C'est sous cet angle là qu'elles doivent être analysé et non pas comme un processus à éviter.

Les solutions réformistes sont certes louables et séduisante mais on ne peut gentiment demander à la minorité des puissants de s'autodétruire. Il y a peu de Saint François d'Assise pour renoncer à leur privilège chez ceux qui détiennent la puissance financière.

Détruire le mythe du Che comme se tente à faire certain ne servira à rien. Les inégalités et les injustices sociales sont les principales sources de Révolution et de violence. Détruisez un mouvement un autre viendra. La terreur et la docilité ont tôt ou tard leur limite. 



Mais revenons au Che. On a beaucoup écrit sur lui. D'un coté ceux qui l'adule inconditionnement et refuse de voir ses défauts et de l'autre ceux qui cherche à l'enterrer une fois pour toute. Que de débat stérile. Analyser c'est comprendre et non juger. Les individus agissent en fonction des circonstances et du contexte avec leur propre culture, leur propre expérience,  leur propre réactivité. Aurais-je fais mieux que le Che si j'étais à sa place. J'en doute vu le contexte de son époque. Ferais-je mieux si je devais (imaginons) le remplacer ? Difficile à savoir. J'aurais certainement pris en compte son expérience pour ne pas refaire ses erreurs mais j'en aurais fait d'autres. L'histoire ne se répête pas et "on ne se baigne jamais deux fois dans la même eau" comme l'aurait dit Archimède. Si Révolution il y a elle sera certainement différente des autres que le Monde a connu. Sera-t-elle plus violente ? Permettra-t-elle de mettre fin aux inégalités et à l'injustice sociale ? Sera-t-elle encore une fois de plus une opportunité de mettre en place une nouvelle classe dirigeante comme la bureaucratie en URSS ? Difficile à savoir. "Qui vivra verra" comme dit le proverbe. L'essentiel c'est qu'on puisse rester acteur et maître de nos destins. Tout ce que je sais c'est que l'expérience passé nous sert que pour éviter de renouveler les mêmes erreurs.



Je vous invite à lire cette analyse sur le Che. Ce n'est pas la meilleure. Ella a été rédigé par le groupe Socialisme Internationaldont je ne partage pas toutes les idées. Elle est certe très critique vis à vis du Che et devrait être plus nuancé (surtout avec un ton donneur de leçon). Mais elle a le mérite d'aller au délà du mythe sans pour autant sombrer dans l'anti-guévarisme primaire. 

  http://pagesperso-orange.fr/revuesocialisme/s19che.html

« Le guévarisme peut-il nous servir de modèle ? »

Les grandes étapes de la vie de Che Guevara sont connues et font partie de sa légende : tour de l'Amérique latine en moto, héros de la révolution cubaine au côté de Castro, puis, laissant un poste confortable de dirigeant à Cuba, engagement dans la lutte armée au Congo puis en Bolivie où il sera finalement arrêté et abattu. Chacun sait combien son exemple, internationaliste et anti-impérialiste, est répandu aujourd'hui encore, en Amérique latine, mais aussi parmi la jeunesse de nombreux autres pays.

A l'occasion du quarantième anniversaire de sa mort en octobre 2007, deux tendances sont apparues dans le traitement de son souvenir. La première, menée par la presse bourgeoise, vise à salir sa légende en le faisant passer pour un sanguinaire chef révolutionnaire. La seconde, en réaction, menée notamment par la Ligue communiste révolutionnaire en France, idéalise le modèle qu'il incarne et utilise son image populaire pour rallier la jeunesse radicalisée autour d'un « socialisme du XXIèmesiècle » qu'il pourrait inspirer. Ainsi, le nouveau parti anticapitaliste voulu par la majorité de la LCR sera selon certaines versions d’inspiration « mi-guévariste, mi-libertaire ».

A Socialisme International, nous nous inscrivons en faux contre ceux qui veulent salir son image - extrêmement populaire donc potentiellement dangereuse - de révolutionnaire et, avant tout, l'image même de la révolution. En revanche, nous affirmons qu'il est absolument nécessaire de tirer un bilan politique de son action et non pas de l'idéaliser.

Jeunesse

Ernesto Guevara est né en 1928 dans la petite bourgeoisie argentine. Son père est  constructeur civil et sa mère est issue d'un milieu aisé, pétrie de culture européenne. Toutefois, la famille Guevara du fait de l'engagement politique des parents se trouvera plusieurs fois au bord de la précarité.
 
Dès l'enfance, Guevara se trouve au contact d'expériences militantes importantes : son père est anti-franquiste puis anti-nazi militant. En 1937il organise dans sa ville un comité de soutien à la République espagnole et plus tard un comité anti-nazi dans la région. Sa mère sera par la suite une opposante virulente au dirigeant argentin Juan Perón. Les discussions politiques sont légion dans le foyer du jeune Guevaraet Pierre Kalfon, auteur de la biographie la plus connue de Guevara pourra écrire à ce sujet :

« Il est probable que le gamin déjà sensibilisé au combat des « bons » contre les « méchants » par les prises de postions familiales a dû être séduit par le côté un peu clandestin de contre-espionnage d'aventure des opérations menées par son père ».

Son milieu familial lui permet toutefois de mener une vie confortable qui tranche avec l'ascèse dont il fera preuve plus tard pendant les années de guérilla. Il lui serait même donné d'entreprendre des études supérieures ; il choisit la médecine, sans doute parce qu'il souffre depuis l'enfance de crises d'asthme assez violentes.

Quand il part découvrir l'Argentine profonde puis l'Amériquelatine, lors de ses grands voyages à partir de 1950, son engagement et ses idées politiques sont encore embryonnaires. A Buenos Aires, il n'a participé que de loin aux mouvements étudiants contre Perón et il n'a pas encore étudié le marxisme bien qu'il fréquente depuis 1947 une étudiante membre de la Jeunesse Communiste Argentine, qui restera une amie très chère, Berta Gilda Infante.




Formation politique

Ces voyages sont importants dans la formation politique de Guevara, puisqu'au terme d'une maturation progressive, il décidera de ne pas revenir en Argentine pour s'engager auprès de Castro.
Les rencontres qu'il fera lors de ces voyages - mendiants, journaliers agricoles, mineurs, malades pauvres des léproseries - forgeront tout d'abord une conscience de classe. Il écrit dans son journal à propos d'un mineur communiste qui a été emprisonné pour avoir voulu former un syndicat :

« Dans son parler simple et expressif, il raconta ses trois mois de prison, sa femme affamée qui l'avait suivi avec une loyauté exemplaire, ses enfants laissés chez un voisin compatissant, son errance infructueuse en quête et ses compagnons mystérieusement disparus dont on disait qu'ils avaient été jetés à la mer. Ce couple transi et blotti dans la nuit du désert était la vive représentation du prolétariat  de n'importe quelle partie du monde. Ils n'avaient pas la moindre couverture pour se protéger et nous leur avons donné l'une des nôtres, nous enveloppant tant bien que mal, Alberto et moi, dans celle qui restait. C'est l'une fois où j'ai le plus souffert du froid mais aussi où je me suis le plus senti en fraternité avec les hommes ».
 
Au fur à mesure des rencontres et des expériences de voyages, son attirance pour les idées communistes – c'est-à-dire, à l'époque, profondément marquées par le stalinisme – se confirment. Cette attirance était au début intuitive puis elle devient de plus en plus évidente, comme le montre cette lettre qu'il écrit à sa tante en décembre 1953 : « J'ai eu l'occasion de passer devant des domaines de l'United Fruit [multinationale US qui exploite les terres agricoles d'Amérique latine et pour les intérêts de qui les Etats-Unis interviendront à plusieurs reprises pour renverser les gouvernements démocratiques]. J'ai juré devant une image du vieux et regretté camarade Staline de ne pas prendre de repos tant que ne seront pas annihilés ces poulpes capitalistes. Au Guatemala je me perfectionnerai et obtiendrai ce qui me manque pour être un révolutionnaire authentique ».


C'est au Guatemala en effet, que Guevaracommence véritablement à étudier le marxisme, notamment au contact de Hilda Gadea. C’est une réfugiée péruvienne qui profite de l'asile offert par le gouvernement du président Arbenz, et plus tard la première femme de Guevara. C'est elle qui rapporte les lectures théoriques qu'ils partageaient : « Nous avions déjà lu tous deux les romans précurseurs de la révolution russe Tolstoï, Gorki, Dostoïevski, les Mémoires d'un révolutionnaire de Kropotkine. Par la suite, nos sujets habituels de discussion portaient sur Que faire ? et l'Impérialisme, stade suprême du capitalisme de Lénine, L'Anti-Dühring, le Manifeste communiste, L'origine de la famille, de la propriété privée et de l'Etat et autres travaux de Marx et Engels, et aussi Du socialisme utopique au socialisme scientifique d'Engels, ainsi que le Capital de Marx, avec lequel j'étais plus familiarisée en raison de mes études d'économie ».

Le marxisme de Guevara est toutefois très imprégné de cette vision stalinienne qui était majoritaire à l'époque. Nous sommes, il est vrai, dans les années d'après-guerre et à cette période, les illusions des travailleurs dans les régimes de type ‘soviétique’ sont encore grandes. Emancipation socialiste semble rimer avec libération du pays par les chars russes. En effet, l'armée rouge a écrasé les Nazis et leurs satellites dans la moitié de l'Europe ; elle a pu être perçue au moins dans un premier temps comme des libérateurs. Partout dans le monde les partis staliniens ont gagné grâce à la lutte anti-nazie une légitimité aveuglante.

Par la suite, dans le contexte de la guerre froide, Staline apparaît comme l'opposant principal à l'impérialisme US, masquant ainsi pour beaucoup de gens qu'il s'agissait d'une lutte entre deux impérialismes. En réalité, dans de nombreux pays dominés comme c’est encore le cas en Amérique latine, les partis communistes ne proposent plus qu'une collaboration avec les capitalistes locaux contre l'impérialisme. Ceci implique une certaine vision du communisme à l'opposé de l'auto-émancipation des travailleurs. Le socialisme est imposé par le haut et non par en-bas par la lutte des travailleurs, qui sont réduits dans le meilleur des cas à une force d’appui. L’idéalisme de Guevara, qui prend le parti des plus opprimés mais ne s’identifie pas à ceux qui ont le pouvoir de renverser la domination capitaliste, est donc tout à fait compatible avec le stalinisme.

Sur les aspects militants aussi, le Guatemala d'Arbenz est un tournant, puisque pour la première fois Che Guevara se range ouvertement du côté des communistes, lui qui tenait jusqu'alors avant tout à son indépendance : « J'ai pris délibérément position en faveur du gouvernement guatémaltèque et, dans ce cadre, au sein du groupe PGT qui est communiste », écrit-il à sa famille. Ce changement s'explique sans doute par le fait que le Parti communiste argentin collaborait au régime péroniste, ce qui faisait fuir plus d'un révolté, tandis que les communistes guatémaltèques s'engagent contre le renversement d'un gouvernement de gauche par les Etats-Unis.

Malgré ces évolutions survenues au cours de ces voyages – cette « entrée en marxisme »  comme écrit Pierre Kalfon –, sa conscience sud-américaine reste fondamentale. Une fois encore ce sont ces lettres à sa famille qui témoignent de ses positions idéologiques. A sa mère qui cherche à le ranger de ses errances perpétuelles, il répond : « Je suis sûr [...]  que l'Amérique sera le théâtre de mes aventures dans un sens beaucoup plus important que je ne l'aurai cru. [...] Je me sens plus américain que n'importe quoi au monde ». Ce sentiment d'appartenance se traduit idéologiquement par le fait qu'il pense que l'origine de la misère des populations qu'il croise lors de ses voyages est la mainmise par des multinationales nord-américaines sur l'économie des pays du Sud. A cet égard, Guevara se rapproche des nationalistes sud-américains pour qui si les Boliviens, les Péruviens ou les Chiliens pouvaient exploiter leurs richesses à leur profit, la situation des habitants de ces pays s'améliorerait immédiatement.

Che Guevara à cheval dans la Sierra Maestra, 1959



Rencontre avec Castro

C'est au Guatemala également que Guevara est présenté à Fidel Castro et à ses compagnons en exil. Cette rencontre sera bien sûr décisive puisqu'elle entraînera l'expérience politique la plus importante du révolutionnaire et sur laquelle nous fondons l'essentiel de ce bilan politique : la participation à la révolution cubaine de 1959.

Le projet de Castro à l'époque est un projet de libération nationale doublée de justice sociale. Il ne vise pas l'instauration d'une société socialiste. Ce n'est que plusieurs années après sa prise de pouvoir qu'il dira que la révolution qu'il a menée était socialiste. Comme ses prédécesseurs José Marti ou Simon Bolivar, Castro veut libérer le pays du joug de la domination étrangère et en l'occurrence faire tomber la dictature de Fulgencio Batista ouvertement inféodée à l'impérialisme américain.

Le théoricien marxiste Tony Cliff, dans son article intitulé La révolution permanente déviée, a montré cet aspect à travers les interviews de l'époque :
« Dès le départ, le programme castriste n'allait pas au-delà de la perspective de réformes libérales acceptables pour les classes moyennes. Dans un article du magazine Coronet de février 1958, Castro déclarait qu'il n'avait pas l'intention d'exproprier ou de nationaliser les investissements étrangers : "J'en suis venu personnellement à considérer les nationalisations comme, au mieux, un instrument encombrant. Elles ne semblent pas renforcer réellement l'Etat, alors qu'elles affaiblissent l'entreprise privée. Et, plus important encore, toute tentative de nationaliser globalement mettrait en difficulté l'élément principal de notre programme économique - l'industrialisation au rythme le plus rapide possible. C'est la raison pour laquelle les investissements étrangers seront toujours les bienvenus et seront toujours ici en totale sécurité ".

En mai 1958, il assurait à son biographe, Dubois : " Le Mouvement du 26 Juillet n'a jamais parlé de socialiser ou de nationaliser les industries. II n'y a là qu'une peur stupide de notre révolution. Nous avons proclamé dès le premier jour que nous luttons pour faire respecter la constitution de 1940, dont les règles établissent des garanties, des droits et des obligations pour tous les éléments qui prennent part à la production. Ceux-ci comprennent la liberté pour les entreprises et le capital investi, en même temps que nombre d'autres droits économiques, civils et politiques ".
 
Dès le 2 mai 1959, Castro déclarait au Conseil Economique de l'Organisation des EtatsAméricains à Buenos Aires: " Nous ne sommes pas opposés à l'investissement privé... Nous croyons à l'utilité, à l'expérience et à l'enthousiasme des investisseurs privés... Les sociétés comportant des investissements internationaux auront les mêmes garanties et les mêmes droits que les firmes nationales". »
 

Par ailleurs, Pierre Kalfon rapporte dans sa biographie de Guevara que celui-ci ne savait pas jusqu'au dernier moment si, lors d'une interview qu'il donnait à un journaliste américain depuis la Sierra Maestra en 1957, Castro affirmerait que la guérilla était anti-impérialiste. La réponse sera positive, mais cette interrogation de Guevara sur une question aussi importante révèle le flou du programme politique du mouvement du 26 juillet.


La victoire de la guérilla à Cuba

  Si le programme politique est encore flou, la démarche est très claire pour Castro. Il s'agit de prendre le pouvoir militairement en partant des campagnes pour enfin défaire le gouvernement dans les villes. Dans ces débats avec les cadres du mouvement, Castro n'aura de cesse de répéter en évoquant la répartition des moyens militants mobilisables : « Rien pour les villes, tout pour la montagne ».

Che Guevara partage ce point de vue quand il affirme que
« Les campesinos, avec une armée formée de leurs semblables et luttant pour des objectifs qui leur sont propres, essentiellement une juste distribution des terres, viendront du pays profond pour prendre les villes... Cette armée, créée dans les campagnes, où mûrissent les conditions subjectives de la prise du pouvoir, s'emploiera à conquérir les villes de l'extérieur ».

Et de fait, les partisans du mouvement habitant dans les villes sacrifieront leurs moyens pour aider la guérilla à l'emporter, par leur soutien logistique et les renforts qu'ils apporteront au fur et à mesure. 
« Cette question de l'approvisionnement en armes a été soulevée à maintes reprises par Castro lui-même qui dans une lettre à Célia Sanchez [membre du mouvement du 26 juillet établissant le lien entre la guérilla et les villes] s'est plaint dès le mois d'août de n'avoir comme armes et comme munitions que celles qui, pour la plupart,  avaient été prises à l'ennemi. Carlos Franqui qui cite ce document [Carlos Franqui, Journal de la révolution cubaine] précise toutefois : « Sur les deux cent armes que comptaient approximativement l'armée de la Sierra à cette époque, plus de cent, dont les mitrailleuses, avaient été envoyées par le Mouvement de Santiago et de La Havane ».

La guérilla sera également aidée durant ses deux années de lutte par les paysans qui la ravitailleront souvent et l'informeront sur les mouvements de l'armée régulière.

Malgré un soutien venu des villes et une sympathie réelle des paysans, les combattants ne rallient pas les masses urbaines parmi ces soutiens.

La guérilla est composée au départ d'intellectuels petits-bourgeois qui veulent rendre une indépendance politique à leur pays par rapport aux USA et leurs multinationales omniprésentes. Leur combat trouve un écho dans une large couche de la population qui vit difficilement la dictature de Batista.

Les paysans sont souvent très pauvres car les meilleures terres sont confisquées par les compagnies étasuniennes comme la United Fruit. La victoire de la guérilla leur donnerait la perspective d'une réforme agraire qu'ils appellent de leurs vœux. Cette revendication sera d'ailleurs appliquée par les guérilleros avant même leur victoire finale, au fur et à mesure qu'ils se rendent maîtres de territoires.

Les ouvriers des villes sont quasiment absents de la guérilla : les seuls qui y participeront sont des militants du mouvement du 26 juillet qui sont envoyés dans la guérilla pour échapper aux menaces qui pèsent sur eux en ville. Les masses dans les villes ne soutiennent pas les guérilleros ; c'est ce que constatera avec amertume Castro lors du cuisant échec de son appel à la grève générale lancé le 9 avril 1958.

Pourtant, la participation des habitants des villes sera décisive dans la victoire contre Batista, dès que la lutte de la guérilla s'étend à la plaine puis aux  cités. Lors de la bataille de Santa Clara, notamment, Guevara s'appuie sur la population pour pallier le sous-nombre des rebelles face à l'armée régulière. Guevara se sert en effet de la radio pour appeler la population à dresser des barricades pour stopper l'avancée des tanks.

Le Che à la bataille de Santa Clara, 1958.

Plus généralement, les victoires de la guérilla, assez spectaculaires, donne confiance au peuple pour espérer un renversement de la dictature de Batista. A partir de la victoire de Santa Clara, les masses s'identifieront au combat des rebelles, d'autant mieux que Castro a pris soin de ménager les susceptibilités d'un spectre large de courants politiques dans ses discours et son programme.

Une fraction de la bourgeoisie cubaine souhaite aussi la chute de Batista. Elle espère être mieux lotie lors de la redistribution des cartes que permettrait un nouveau régime ; le régime de Batista bénéficiait beaucoup à son clan et ses soutiens états-uniens à un point parfois grotesque : ainsi du revenu des parcmètres de la Havane  qui va directement dans les poches de sa femme.

Le gouvernement de Batista tombe essentiellement parce qu'il n'y a presque personne dans la population qui choisisse de se battre pour le défendre, y compris chez les soldats de l'armée régulière qui sont démotivés au fur à mesure des victoires de la guérilla et qui perdent confiance en observant la détermination des guérilleros. A quoi bon risquer sa vie pour maintenir en place un régime où une poignée de dirigeants profitent du pouvoir pour s'enrichir personnellement ? La victoire militaire n'aurait pas été possible sans la défection de nombreux soldats de Batista et celle-ci s'explique par le rejet quasi général de la population cubaine envers ce dirigeant.

Il s'agit donc d'une révolution menée par des intellectuels de la petite bourgeoise avec le soutien, in extremis, d'une majorité des paysans, des ouvriers et de la fraction de la bourgeoisie nationale non pas pour un projet de société précis mais contre Batista. Le nouveau pouvoir aurait d'ailleurs bien pu échapper aux guérilleros sans l'habileté politique de Castro et son don pour la mise en scène et la  fabrique de héros : lui-même et Guevara, dans la lignée de Marti ou Maceo, les grands héros historiques de Cuba.




Les guérilleros au pouvoir

Guevara pense qu'il est possible de réussir la révolution pour le peuple, si quelques révolutionnaires aux commandes se mettent au travail sans relâche, si les  mêmes chefs guérilleros qui ont souffert dans la Sierra Maestra ne cèdent pas au confort du pouvoir. Pour lui, cela dépend essentiellement du comportement des quelques dirigeants, de leurs concessions sur leur vie privée, de leur détermination. De fait, il se donnera corps et âme à sa cause et donc à son travail et fustigera ses collègues qui ne le suivent pas dans cette voie.

Il mène sa révolution de bonne foi, sans s'apercevoir que le peuple est totalement absent du pouvoir.  En 1961, dans un article de l'organe officiel du mouvement M-26, Revolucion, il peut encore écrire
« Puisque nous sommes tous des ouvriers et que le pouvoir est entre les mains de la classe ouvrière, il serait normal que, tous, nous travaillons ensemble, au moins une fois par semaine, pour mieux nous intégrer, mieux nous comprendre. »

Le prolétariat n'a pas mené cette révolution et se trouve ainsi naturellement exclu du pouvoir, contrairement à ce qu'affirme Guevara. Lors d'une conférence face à des étudiants enthousiastes de Montevideo en 1961, c'est ainsi qu'il décrit ce qu'il considère être un processus de prise de décision par le peuple, en vigueur à Cuba : « Il y a des moments où la foule silencieuse est pendue aux lèvres de Fidel. Mais il y a d'autres fois où le peuple demande sa participation à la discussion collective : il crie, il danse quelquefois, il saute, il acclame, il démontre enfin de mille manières ses émotions, de sorte qu'au gouvernement nous savons ainsi ce qui est le mieux, ce qui intéresse le plus le peuple, ce qui lui plaît davantage, quelle est la route la plus juste qu'il faut suivre. »

Si le peuple avait eu le pouvoir à Cuba, ce n'est certainement pas en se contentant de danser lors des meetings de Fidel Castro qu'il aurait exercé son pouvoir mais en prenant collectivement les décisions, sous forme d'assemblées, sur tous les lieux de production, dans tous les quartiers et, par le biais de délégués, sur le plan national. Si le peuple avait eu le pouvoir, ces assemblées auraient élu des dirigeants révocables sur la base d'un programme politique discuté. Les modalités de la réforme agraire, pour reprendre une des premières mesures du nouveau régime - et sans doute la plus emblématique - auraient été longuement débattues au lieu d'être tranchées dans le secret de la chambre à coucher d'un Che Guevara alité, par une poignée de dirigeants qui s'en arrogent le droit.


La conception du parti est également édifiante et montre à quel point cette révolution est le contraire d'un socialisme par le bas. Il s'agit du parti unique (l'ORi puis le PURSC) qui est principalement la fusion du parti communiste (PSP) et du Mouvement du 26 juillet. Les membres du parti sont en effet sélectionnés et leur rôle est de montrer l'exemple des sacrifices révolutionnaires à accomplir pour faire triompher la révolution, comme par exemple se porter volontaire pour travailler aux récoltes le dimanche en plus du travail à l'usine toute la semaine. Les militants de ce parti en sont si peu maîtres que ce sont les dirigeants de la révolution qui expliquent ce qu'on attend des membres. Pierre Kalfon relève une intervention de Guevara en mars 1962 devant des cellules du parti - les « nucleos » : « Le Che leur demande en effet de ne pas sortir de leur rôle d'animateur politique, de ne pas se substituer à l'administration ». Quelques jours plus tard, il se sent obligé d'expliquer à des ouvriers, lors d'une visite d'une usine textile, que ce n'est pas pour obtenir des privilèges particuliers qu'il faut espérer entrer au parti.

C'est de cette manière, par le haut, en imposant les décisions aux masses, sans leur contrôle,  que sera menée la politique du gouvernement de Castro, dont Guevara est un des principaux dirigeants. De la politique économique et industrielle (doter le pays d'une industrie lourde le plus vite possible), à la coopération active avec le bloc soviétique, le peuple subira les orientations de ses dirigeants au gré des évènements historiques (tentative d'invasion de la Baie des Cochons, embargo commerciale des Etats-Unis ...) jusqu'à la crise des fusées nucléaires soviétiques.

Contraire absolu du socialisme, cette crise reflète bien la nature du régime cubain, car il s'agit du paroxysme des décisions prises par le haut. Castro demande - ou accepte - à l'URSS de placer sur son sol des missiles nucléaires afin de se protéger d'une invasion américaine. A la fin du mois d'octobre 62, le monde est passé tout près d'une guerre atomique. Dans cette affaire, Castro a donc négocié en secret des accords militaires pouvant avoir des conséquences mortelles pour tout le peuple cubain, voire plus largement. S'il avait été consulté le peuple cubain aurait-il été d'accord pour prendre un risque aussi terrifiant ? Seul, la folie d'un chef sans contrôle peut aboutir à de telles aberrations. Pour finir, Castro est pris à son propre piège : les dirigeants russes négocient en secret avec le président américain Kennedy sans le consulter et retirent finalement leurs fusées du sol cubain. Castro et Guevara ne décolèrent pas d'avoir été ainsi mis à l'écart : c'est pourtant le modèle qu'ils appliquent à leur peuple au quotidien.

 « Disparition »

Au début de l'année 1965, Guevara prend ses distances avec la politique cubaine, avec l'URSS, reconnaît de nombreuses erreurs, notamment un alignement sur l'URSS, mais sa manière de quitter la vie politique cubaine, alors qu'il est le personnage le plus populaire du pays, donne sa vision - déplorable - de la direction de la révolution.

Au retour d'un long voyage, il décide de repartir mener une guérilla pour allumer d'autres feux contre l'impérialisme US. Il prend seul cette décision très importante, sans concertation, sans débat politique avec quiconque. Ce changement d'orientation politique primordial, il ne s'en explique  pas au travers d'un texte qui aurait été discuté par les travailleurs, mais dans une lettre à Castro destinée à n'être lue qu'après sa mort ! De fait, sa participation à la guérilla devant restée secrète, il disparaît littéralement,  inspirant ainsi les plus folles rumeurs : emprisonnement par Castro, mort à Saint Domingue lors de l'attaque de l'île par les Etats-Unis...

Rien de tel pour semer le trouble, pour désorienter voire décourager le prolétariat que d'imaginer des intrigues de la sorte parmi les leaders les plus en vue. Ce n'est vraiment pas l'attitude d'un dirigeant révolutionnaire responsable devant la classe de ses choix politiques, que cette démarche du fait accompli à l'endroit des travailleurs.


 






L'illusion des « focos » ou le dogme de la lutte armée

Après les quelques mois d'une tentative avortée de guérilla au Congo, et un intermède à Prague et à Cuba en qualité de clandestin, c'est enfin en Bolivie que Guevara décide de porter le fer contre l'impérialisme. En effet, son analyse est qu'il est possible d'affaiblir les Etats-Unis, en difficulté au Vietnam, en multipliant les fronts de résistance, les « focos ». Sa stratégie n'ayant pas changée depuis la Sierra Maestra - elle est même de plus en plus dogmatique - c'est par la guérilla que ces fronts doivent être ouverts : « Je crois en la lutte armée comme unique solution pour les peuples qui veulent se libérer »note-t-il dans ses ultimes carnets. Il choisit la Bolivie car elle est selon lui une position géographique favorable pour devenir une base arrière afin de former une armée de guérilleros capable de prendre le pouvoir dans les pays limitrophes, comme au Pérou ou en Argentine. En partant à la tête de moins d'une vingtaine de combattants, il a déjà des visées à l'échelle du continent entier ! Mais très rapidement, cette guérilla apparaîtra comme un échec, cette fois-ci fatale pour Guevara..

Quelles sont les principales raisons de cet échec ? Ce qui est frappant dans cette aventure c'est l'isolement de cette guérilla. Contrairement à celle victorieuse à Cuba, Guevara et ses camarades ne s'appuient sur aucun mouvement dans les villes, ce qui hypothèque tout ravitaillement et à terme toute survie.

Castro s'était en effet appuyé sur son Mouvement du 26 juillet dont le réseau était important à Cuba et aux Etats-Unis chez les exilés cubains. Guevara, lui, ne dispose pas d'un tel soutien. C'est pourquoi il tente d'obtenir celui du Parti communiste bolivien de Mario Monje. Mais cette entreprise est vouée à l'échec d'avance, la majorité du parti étant contre cette politique de lutte armée. Cependant Monje fait croire à Guevara qu'il parviendra à renverser la tendance à coup de chantage - ce qu'il ne fera pas. De son côté, Guevara se joue de lui en ne lui révélant pas la réalité de ses objectifs : il lui promet de ne pas se livrer à la lutte armée sur le territoire bolivien, ce qu'il avait pourtant décidé de faire. Cette manière de négocier de dirigeant à dirigeant, sans aucune sincérité sur les objectifs, et non pas sur la base d'orientation politique mais de coup bas et de mensonges, est totalement contraire à l'idée de socialisme.  Même si la négociation aurait aboutie pour Guevara, la rupture aurait été consommée dès que les objectifs réels seraient apparus au grand jour.

L'isolement de Guevara et de ses hommes est également patent vis-à-vis de la population locale. Alors qu'à Cuba la guérilla avait bénéficié du soutien des masses paysannes, en Bolivie le révolutionnaire a choisi une région, très peu peuplée, ou les rares paysans vont surtout servir d'indicateurs à l'armée et à la CIA.




Ce que Guevara n'a pas pris en compte c'est la différence entre la situation des paysans cubains sous Batista et celle des boliviens en 1967. La guérilla castriste rencontrait des paysans qui voyaient dans son combat un moyen de mettre fin à la confiscation de leur terre par les multinationales de l'agro-alimentaire. Les paysans boliviens ont  bénéficié d'une réforme agraire en 1954 et la dépendance vis-à-vis des Etats-Unis est beaucoup moins visible que sous le gouvernement fantoche renversé par Castro.

Un exemple de cette méprise survient dès le début du « focos » bolivien. Que peut bien inspirer en effet à un paysan bolivien l'arrivée dans la maison voisine d'un groupe d'hommes armés, qui agissent toujours en cachette ? Ce voisin du quartier général où sont installés les guérilleros les prend pour des trafiquants de drogue et fait intervenir la police. Les guérilléros doivent fuir en laissant sur place du matériel important.

Ce premier obstacle d'une longue liste montre bien la difficulté pour une guérilla de rallier la population à sa cause. Dans ses carnets tout au long de sa bataille bolivienne, Guevara se plaint du manque de contact et de soutien des masses, sans se rendre compte que c'est son mode d'action qui est en cause et non la frilosité de la
population.

 


Au mois de juin 1967, alors que les syndicats ouvriers se déclarent en état d'urgence, que quelques jours plus tard les districts miniers sont déclarés « territoire libre » par les travailleurs et qu'à partir du 23 juin une répression brutale s'abat sur les grévistes, Guevara constate : « Le manque d'engagement de la part des paysans continue à se faire sentir. C'est un cercle vicieux : pour amener les paysans à s'engager, il faut que nous puissions exercer notre action de façon permanente sur un terrain habité et pour cela, nous avons besoin de plus d'hommes ».

Guevara a donc commis une erreur fondamentale en pensant que les travailleurs boliviens s'identifieraient dans sa lutte armée et qu'il parviendrait à les attirer progressivement au sein de sa guérilla, en commençant par les paysans. Or, d'une part, il a choisi  une région montagneuse et dépeuplée (pour se protéger de l'armée régulière) ce qui hypothéquait le ralliement des paysans et, d'autre part, les ouvriers qui menaient des luttes dures au même moment, dans les régions des mines notamment, n'ont jamais perçu cette guérilla - quand ils connaissaient son existence et ses objectifs - autrement que ce qu'elle était : un élément non significatif qui ne déterminerait en rien l'issue de leurs actions en cours contre le patronat.

A ce double isolement, qui fait que les guérilleros furent beaucoup plus faibles en Bolivie que dans la Sierra Maestra à Cuba, s'ajoute un renforcement de la détermination de leurs adversaires. Les années 1965-67 voient en effet une intensification de l'intervention impérialiste dans le sillage de l'engagent de plus en plus massif des USA au Vietnam. Ainsi, la CIA se montre beaucoup plus coopérative avec le gouvernement bolivien dans sa lutte contre la guérilla qu'avec Batista contre Castro. Le rapport de force devient évidemment trop déséquilibré au détriment de ces quelques guérilléros. Guevara sera ainsi rapidement repéré par des agents spéciaux de la CIA et livré aux autorités boliviennes qui l'exécuteront aussitôt.



Conclusion


La légende de Che Guevara donne aujourd'hui de l'espoir à une bonne partie de la jeunesse révoltée alors qu'une telle fin – dramatique et pathétique à la fois – pourrait contribuer à inspirer du pessimisme.  Il faut défendre cette image positive et populaire qui est évidemment un atout pour les révolutionnaires contre la récupération commerciale, d'une part, et le dénigrement par la presse bourgeoise, d'autre part.

Mais s'inspirer de Guevara pour bâtir la théorie du « socialisme du XXIème siècle », comme l'envisage bien des camarades de la LCR pour le nouveau parti anticapitaliste qu'elle entreprend de construire, paraît également dangereux. S'il est vrai qu'il a mené courageusement ses combats pour ce qu'il pensait être bien pour le peuple en fonction de ce qu'il avait compris des livres de la tradition marxiste, il a pêché sur un élément essentiel : même s'ils sont moins opprimés que les paysans, même s'ils ne sont pas dans une phase combative, les ouvriers des centres économiques sont les seuls, du fait de leur place dans la production, à pouvoir installer le prolétariat au pouvoir. Tout substitut, aussi séduisant soit-il pour des révolutionnaires pressés d'en découdre, mène soit à l'échec dans la prise du pouvoir comme en Bolivie, soit à un régime qui n'a rien à voir avec le socialisme, comme à Cuba. C'est cette leçon qu'il faut retenir pour que le socialisme du « XXIèmesiècle» évite les écueils que l'on a connus sous des formes tragiques au XXème siècle, de Staline à Castro, en passant par Guevara.

Romain Szencinski

 



Peut être à force d'être critique a-t-on tendance à oublier que les mouvements révolutionnaire tel qu'il soit on besoin de mythe pour ce galvaniser même si tout le monde des d'accord pour dire qu'il y toujours de différence entre le mythe et la réalité ? Surement.

Je termine mon édito en citant les propres paroles que Che Guevara a tenu en 1967 : « Il faut détruire l'impérialisme par l'élimination de son bastion le plus fort : la domination des Etats Unis. Il faut pour cela créer deux, trois, plusieurs Vietnam, pour obliger l'impérialisme à disperser ses forces. Peu importe le lieu où me surprendra la mort. Qu'elle soit la bienvenue, pourvu que notre appel soit entendu, qu'une autre main se tende pour empoigner nos armes et que, dans le crépitement des mitrailleuses, d'autres hommes se lévent pour entonner les chants funèbres, et pour pousser les nouveaux cris de guerre et de victoire.».

Che Guevara ni saint homme, ni démon mais simple être humain avec ses rêves et utopies, sa conscience et son intégrité.
  




Pour en savoir plus :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Che_Guevara
http://www.americas-fr.com/histoire/che-guevara.html
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/08/GOTT/12432?var_recherche=guevara


Personne ne détient la vérité. Profitez d'internet pour comparer les informations avec d'autres.



Par Dolcino - Publié dans : Débat
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Mercredi 31 décembre 2008

Je ne veux pas terminer l'année sans vous parler de la crise financière généralisée et de la révolte des jeunes qui ont marqué l'année 2008. L'année 2008 se termine mal et celle de 2009 s'annonce être celle de tous les dangers. Pour preuve il a été décidé que celle qui se termine aurait droit à une seconde de plus. Une seconde de répits pour l'humanité avant que commence l'autre qui s'annonce difficile.





L'année 2008 se termine dans la morosité et l'inquiétude. Avec elle hérite de la crise économique la plus importante depuis 1929. Un crise bien prévisible pour ceux qui estiment que tout système économique basée sur la logique du profit à tout prix entrainent automatiquement à une catastrophe. Que dire de l'escroquerie de Bernard Lawrence Madoff, dont le montant des pertes se monte à 50 milliards de dollars ?

Cet homme d'affaire était le président-fondateur d'une société d'investissements la Bernard L. Madoff Investment Securities LLC. Derrière cette "honorable" entreprise d'investissements sécurisés se cachait une escroquerie des plus classiques basée sur un montage financier frauduleux : une chaine de Ponzi.    

Une chaine de Ponzi (ou jeu de Ponzi) est un système de vente pyramidale, une forme d'escroquerie par cavalerie.
Cette technique d'escroquerie est basée sur une course permanente entre la collecte de nouveaux fonds et des paiements visant à donner confiance. Une vitrine fictive sert à expliquer les gains auprès des bailleurs de fonds. Son principe est d'obtenir un prêt en simulent une opération commerciale. L'escroc peut se servir de l'argent pour se présenter comme un client solvable qui à son tour obtiendra un prêt plus important, les prêts successifs servant en partie à rembourser les emprunts antérieurs pour alimenter l'apparence de respectabilité et solvabilité des escrocs. Ce système tient son nom de Charles Ponzi (1882-1949) qui est devenu célèbre en 1920 après avoir mis en place une opération frauduleuse aux Etats-Unis faisant de ce dernier un millionnaire en six mois. En 1997, l'économie Albanaise avait été victime d'une telle escroquerie qui s'était traduite par des émeutes causant des milliers de morts.  

On aurait pensé qu'une telle escroquerie ne pouvait que se passer dans des pays pauvres mais pas dans des pays riches ayant l'expérience du marché. Et bien non, Wall Street, pilier de la finance internationale, se trouve désormais confronté à de telles pratiques. Le Ponzi du XXIe siècle s'appelle Madoff.  Parmi les victimes on trouve la Royal Bank of Scoland, BNP Paribas, AXA SA mais aussi la fondation d'Elie Wiesel et celle de Steven Spielberg. Tout comme les simples épargants albanais ils ont été victimes d'une escroquerie digne d'une petite frappe.

Cette affaire parmi d'autre résume a elle seule la situation financière de la planète. Combien d'autres Madoff sévissent-ils dans le monde ? 


                  

On nous disait qu'il fallait "libérer le marché" pour "créer des richesses". Ce discours ultra-libéral nous a été servi à toute les sauces depuis les années quatre-vingt au point que l'économie de marché était devenue la nouvelle religion d'Etat. Moins d'Etat (sauf l'Etat policier), services publics privatisés pour ne pas "fausser la concurrence", développement du crédit à tous les niveaux y compris pour ceux qu'ils ne sont pas solvable (les fameuse subprime" qui ont provoquer la crise), pillage des matières premières pour stimuler la croissance, destruction de tout système de protection sociale pour "libérer" le travail.... etc. Pour résumer on privilégie les bénéfice au détriments du bien être des individus et de l'équilibre de la nature. 

On nous disait que ces nouvelles règles du marchés allaient nous apporter la prospérités et le bonheur. De quel bonheur nous parle-t-on ? De celui de pouvoir s'endetter plus pour consommer plus et ensuite travailler plus pour payer les traites ? Combien de gens stressés ? Combien de têtes cassées ? Combien de familles  décomposés ? Que dire d'une société qui incite ses concitoyens à surtravailler pour consommer plus ? Qui les pousse à être plus égoïste ? 

Cette crise sans précédent révèle à tel point ce système était basé sur du vent et du sable. Il montre a tel point qu'il était, contrairement à ce qu'il laissait entendre, liberticide. Cette apparence de la liberté se résume uniquement pour ceux qui se limitent à être simple agent de consommation. Que pensez d'une société pense l'individu comme simple agent économique. L'homme est au service de l'économie et non l'inverse. 

L'avantage de cette crise nous permet de repenser les fondements de notre civilisation. A se poser de nouvelles questions : produire pour qui, comment, pourquoi ? droit au travail ou au bien être ? consommer dans quel but ? à qui doit profiter tout système économique ? Des question purement philosophique me diriez vous ? Certes mais censées....

"La guerre est une chose trop sérieuse pour la laisser aux militaires" disait Clémenceau. On peut en dire de même pour les financiers de tout poil et de tout pays : "L'économie est une choses trop sérieuse pour la laisser aux hommes d'affaires". Or pendant des décennies ont a laissé les hommes d'affaires de fixer les règles du jeu de l'économie autant de demander à la mafia de fixer les régler de la justice. Qui aujourd'hui peut nous dire qu'il y a une différence entre hommes d'affaires et clans mafieux. Ces deux groupes se partagent une même ambition : s'enrichir. Certes les hommes d'affaires utilisent leurs avocats pour défendre leur intérêt alors que les mafieux utilisent des hommes de mains. Mais dans les deux cas il s'agit de "tuer" leur adversaire. N'a-t-il pas collusion lorsque l'argent des trafiquants de drogue ou d'arme ou ceux des grand groupe terroriste transite et se mélange avec celle des hommes d'affaires dans les paradis fiscaux spécialisés dans le blanchiment de l'argent sale ? 




Revenons à l'escroquerie de Madoff. 50 milliards de dollars détournés. Combien de projets sociaux, médicaux, écologistes, alimentaire aurait pu financer une telle somme ? Et encore cette somme détourné n'est rien avec celle qui se sont volatilisés avec la crise. Que de gâchis.    
  
Le capitalisme touche-t-il à sa fin ? On pourrait ce le demander. Immanuel Wallerstein, chercheur au département de sociologie de l'université de Yale, ex-président de l'Association internationale de sociologie, estime que oui dans un interview qu'il avait accordé au journal Le Monde daté du 11 octobre 2008. Autant de lui laissé la parole.

Signataire du manifeste du Forum social de Porto Alegre ("Douze propositions pour un autre monde possible"), en 2005, vous êtes considéré comme l'un des inspirateurs du mouvement altermondialiste. Vous avez fondé et dirigé le Centre Fernand-Braudel pour l'étude de l'économie des systèmes historiques et des civilisations de l'université de l'Etat de New York, à Binghamton. Comment replacez-vous la crise économique et financière actuelle dans le "temps long" de l'histoire du capitalisme ?

Immanuel Wallerstein : Fernand Braudel (1902-1985) distinguait le temps de la "longue durée", qui voit se succéder dans l'histoire humaine des systèmes régissant les rapports de l'homme à son environnement matériel, et, à l'intérieur de ces phases, le temps des cycles longs conjoncturels, décrits par des économistes comme Nicolas Kondratieff (1982-1930) ou Joseph Schumpeter (1883-1950). Nous sommes aujourd'hui clairement dans une phase B d'un cycle de Kondratieff qui a commencé il y a trente à trente-cinq ans, après une phase A qui a été la plus longue (de 1945 à 1975) des cinq cents ans d'histoire du système capitaliste.

Dans une phase A, le profit est généré par la production matérielle, industrielle ou autre ; dans une phase B, le capitalisme doit, pour continuer à générer du profit, se financiariser et se réfugier dans la spéculation. Depuis plus de trente ans, les entreprises, les Etats et les ménages s'endettent, massivement. Nous sommes aujourd'hui dans la dernière partie d'une phase B de Kondratieff, lorsque le déclin virtuel devient réel, et que les bulles explosent les unes après les autres : les faillites se multiplient, la concentration du capital augmente, le chômage progresse, et l'économie connaît une situation de déflation réelle.


Mais, aujourd'hui, ce moment du cycle conjoncturel coïncide avec, et par conséquent aggrave, une période de transition entre deux systèmes de longue durée. Je pense en effet que nous sommes entrés depuis trente ans dans la phase terminale du système capitaliste. Ce qui différencie fondamentalement cette phase de la succession ininterrompue des cycles conjoncturels antérieurs, c'est que le capitalisme ne parvient plus à "faire système", au sens où l'entend le physicien et chimiste Ilya Prigogine (1917-2003) : quand un système, biologique, chimique ou social, dévie trop et trop souvent de sa situation de stabilité, il ne parvient plus à retrouver l'équilibre, et l'on assiste alors à une bifurcation.


La situation devient chaotique, incontrôlable pour les forces qui la dominaient jusqu'alors, et l'on voit émerger une lutte, non plus entre les tenants et les adversaires du système, mais entre tous les acteurs pour déterminer ce qui va le remplacer. Je réserve l'usage du mot "crise" à ce type de période. Eh bien, nous sommes en crise. Le capitalisme touche à sa fin.

Pourquoi ne s'agirait-il pas plutôt d'une nouvelle mutation du capitalisme, qui a déjà connu, après tout, le passage du capitalisme marchand au capitalisme industriel, puis du capitalisme industriel au capitalisme financier ?

Le capitalisme est omnivore, il capte le profit là où il est le plus important à un moment donné ; il ne se contente pas de petits profits marginaux ; au contraire, il les maximise en constituant des monopoles - il a encore essayé de le faire dernièrement dans les biotechnologies et les technologies de l'information. Mais je pense que les possibilités d'accumulation réelle du système ont atteint leurs limites. Le capitalisme, depuis sa naissance dans la seconde moitié du XVIe siècle, se nourrit du différentiel de richesse entre un centre, où convergent les profits, et des périphéries (pas forcément géographiques) de plus en plus appauvries.

A cet égard, le rattrapage économique de l'Asie de l'Est, de l'Inde, de l'Amérique latine, constitue un défi insurmontable pour "l'économie-monde" créée par l'Occident, qui ne parvient plus à contrôler les coûts de l'accumulation. Les trois courbes mondiales des prix de la main-d'oeuvre, des matières premières et des impôts sont partout en forte hausse depuis des décennies. La courte période néolibérale qui est en train de s'achever n'a inversé que provisoirement la tendance : à la fin des années 1990, ces coûts étaient certes moins élevés qu'en 1970, mais ils étaient bien plus importants qu'en 1945. En fait, la dernière période d'accumulation réelle - les "trente glorieuses" - n'a été possible que parce que les Etats keynésiens ont mis leurs forces au service du capital. Mais, là encore, la limite a été atteinte !

Y a-t-il des précédents à la phase actuelle, telle que vous la décrivez ?


Il y en a eu beaucoup dans l'histoire de l'humanité, contrairement à ce que renvoie la représentation, forgée au milieu du XIXe siècle, d'un progrès continu et inévitable, y compris dans sa version marxiste. Je préfère me cantonner à la thèse de la possibilité du progrès, et non à son inéluctabilité. Certes, le capitalisme est le système qui a su produire, de façon extraordinaire et remarquable, le plus de biens et de richesses. Mais il faut aussi regarder la somme des pertes - pour l'environnement, pour les sociétés - qu'il a engendrées. Le seul bien, c'est celui qui permet d'obtenir pour le plus grand nombre une vie rationnelle et intelligente.

Cela dit, la crise la plus récente similaire à celle d'aujourd'hui est l'effondrement du système féodal en Europe, entre les milieux du XVe et du XVIe siècle, et son remplacement par le système capitaliste. Cette période, qui culmine avec les guerres de religion, voit s'effondrer l'emprise des autorités royales, seigneuriales et religieuses sur les plus riches communautés paysannes et sur les villes. C'est là que se construisent, par tâtonnements successifs et de façon inconsciente, des solutions inattendues dont le succès finira par "faire système" en s'étendant peu à peu, sous la forme du capitalisme.

Combien de temps la transition actuelle devrait-elle durer, et sur quoi pourrait-elle déboucher ?
 
La période de destruction de valeur qui clôt la phase B d'un cycle Kondratieff dure généralement de deux à cinq ans avant que les conditions d'entrée dans une phase A, lorsqu'un profit réel peut de nouveau être tiré de nouvelles productions matérielles décrites par Schumpeter, sont réunies. Mais le fait que cette phase corresponde actuellement à une crise de système nous a fait entrer dans une période de chaos politique durant laquelle les acteurs dominants, à la tête des entreprises et des Etats occidentaux, vont faire tout ce qu'il est techniquement possible pour retrouver l'équilibre, mais il est fort probable qu'ils n'y parviendront pas.
 
Propos recueillis par Antoine Reverchon


Certe Immanuel Immanuel Wallerstein n'est pas madame Soleil et ses propos doivent être nuancé. Mais son analyse à le mérite de mettre les choses au point et de nous éclairer sur la compléxité sur système financier.

Ceux qui sont les plus inquiets sont les jeunes. En Grèce les jeunes se révolte et ne croient plus aux politiques. Des manifestations de solidarité ont eu lieu en Espagne et en Italie. En France ce sont les lycéens qui sont dans la rue. Les gouvernements s'inquiètent de cette effervescence. Déjà que les financiers on perdu la confiance des épargnant avec la crise voilà que les jeunes ont perdu la confiance d'une classe politique qui ne se renouvelle guère. Le peuple perdrait-il la confiance des gouvernants ? "Il faut dissoudre le peuple et en élire un nouveau"disait ironiquement Bertold Bretch suite à la révolte des ouvrier est-allemand contre le régime bureaucratisé de RDA. Idée séduisante pour nos dirigeants. Peut être en contrôlant les principaux médias comme l'ont fait Poutine et Berlusconi et cherche à faire notre cher président Sarkozy arriveront-ils à leurs fin ? Modeler le peuple à leur image !   



Un article intéressant sur le mouvement lycéen rédigé par Jean-Michel Dumay est paru ces derniers temps dans Le Monde du 20 décembre 2008. Autant de vous le faire partager. 

Les manifs de la société horizontale

par  Jean-Michel Dumay

Le Monde du 20 décembre 2008
 
Les lycéens, donc, ne désarment pas. Xavier Darcos a beau promettre que la réforme du lycée "ne se ferait pas sans la jeunesse". La jeunesse, elle, n'y croit pas. "Les lycéens ne sont pas dupes", "(le ministre) recule pour mieux nous arnaquer", "ce qu'il fait, c'est un coup de pub pour faire taire le mouvement", "de toute façon, c'est des beaux parleurs", "ce report, c'est une ruse pour casser les manifs". Paroles de lycéens. Belle illustration de la société de défiance et de l'effritement de l'autorité.

Il faut dire qu'il est probablement difficile pour les lycéens d'avancer en confiance quand dans le même temps paraît un message porteur d'ouverture - "reprendre le dossier à zéro", écouter les lycéens et "les faire s'exprimer" (Xavier Darcos) - et un autre qui semble verrouiller - "cette réforme des lycées, je la soutiens et elle se fera" (Nicolas Sarkozy), "nous ne changerons rien à l'objectif de la réforme" (Xavier Darcos). En ces temps de réforme, tous les Grenelle, les commissions ad hoc et les états généraux (on parle maintenant de celui des lycées) regorgent de ces affirmations apparemment paradoxales, de ces tensions qui teintent le tout de scepticisme, de rejet ou de déceptions.


Il y a une bonne poignée d'années, le grand communicateur mosellan qu'était le maire de Metz, Jean-Marie Rausch, amateur de technologies d'avenir, avait fait ce constat sociologique au Sénat : "Le changement de société que nous vivons actuellement en passant de la société industrielle à la société de l'information transforme radicalement le comportement des hommes, et la société verticale et hiérarchique va probablement être remplacée par une société beaucoup plus transversale sous forme de réseaux ; la nouvelle société va s'administrer de par la volonté, l'espoir et l'esprit des gens, donc d'une manière totalement différente de la société industrielle ; or l'Etat, le gouvernement, l'état d'esprit français restent complètement ou presque basés sur le système de la société industrielle qui est pyramidal, c'est-à-dire hiérarchique et vertical."


Lisons donc peut-être aussi dans le "malaise des jeunes", que dit ressentir le ministre de l'éducation nationale, cette confrontation des sociétés verticale d'antan et horizontale de demain. Le numérique fait naître une civilisation en rupture : horizontale, transverse, e-médiate. La génération qui manifeste est celle des "digital natives", nés avec un mobile sur l'oreille et une souris dans la main. La génération Messenger, qui se mobilise par Texto, antijacobine par essence technologique, pour qui la télé, la radio, les journaux imprimés ne sont qu'arts mineurs. On note que, chez les jeunes de 15-24 ans, 50,3 % des contacts avec les médias se font hors ces trois piliers-là (contre 29,5 % pour l'ensemble de la population, sondage Médiamétrie).


Certains enseignants, parfois même dans les grandes écoles, font cette autre observation. Les jeunes adultes zappent d'un cours à l'autre, cherchant moins la magistralité que le partage d'expériences. On prend ou on ne prend pas. Cela rapproche, via la technologie, des modèles scandinaves. Pierre Forthomme, anthropologue et conseiller en management, rappelait dans La Tribune (2 juillet) que, dans l'enseignement suédois, dès l'école primaire, "l'écolier apprend que l'instituteur n'a pas le monopole du savoir et est encouragé à s'appuyer sur ses camarades pour apprendre et progresser. Dans un tel système, le citoyen fait très tôt l'expérience qu'il est naturellement en capacité d'avoir une influence sur le cours des choses. Certes, son influence est partielle, effective seulement si elle s'agrège intelligemment avec celle des autres, mais en aucun cas elle ne dépend du bon vouloir d'une autorité qui se situerait au-dessus". Pour la France, là est l'éventuel changement de paradigme.

 

Jean-Michel Dumay


Je ne voulais pas terminer cette année sans parler dans mon blog de la crise financière et du mouvement des jeunes. 2009 l'année de tous les danger ? Certes mais aussi celle, espérons le de remise en cause de tout un système et de la construction d'un autre.

A Gardanne un petit malin a affiché sur les piliers en béton de la rocade une jolie affiche résultat de son oeuvre picturale. Un peu de couleur, collée illégalement, sur de la grisaille durant ses temps sombre ne fait pas de mal. Peut être donnera-t-il l'idée à la municipalié de décorer ses barres grises qui servent de lampadaire par des personnages en couleur résumant la diversité de la ville et du monde ?


Petite anecdocte : lorsque j'ai photographié cette oeuvre d'art, un véhicule de la gendarmerie c'est arrêté et m'a demandé si j'étais l'auteur de cet ouvre. "Non, leur ai je répondu, mais si vous trouvez l'auteur vousl ui diriez de ma part qu'il a beaucoup d'originalité." J'ignore l'auteur de ce "délit" mais je le félicite.  



La nouvelle madone de Gardanne





 MEILLEURS VOEUX POUR 2009
L'ANNÉE DE TOUS LES DANGERS



Par Dolcino
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Mardi 30 décembre 2008

Salut à vous tous chers internautes.

Désolé pour mes infédélités et mon manque d'assiduité pour entretenir ce site. Pour me faire pardonner je vous rédige un éditorial de fin d'année.


Voilà plus de trois mois que je n'ai plus écrit sur mon blog. Trois mois riches en événement : crise économique et financière généralisée, l'élection d'un noir à la Maison blanche, la révolte des jeunes en Grèce et mouvement lycéen en France.

L'année 2008 se termine par une nouvelle guerre au Proche Orient. Celle de 2009 semble prometteuse.

Le XXIe siècle a fort mal commencé.
Décidément le XXIe siècle a fort mal commencé.

Le soir de Noël 2008 n'a pas été heureux pour une famille américaine. Non seulement "le père Noël est une ordure" mais en plus il a "pété les plombs" en tuant une famille entière.   

"Père Noël meurtrier en Californie : au moins six mort (Reuter : 26.12.08)

Au moins six personnes ont été tuées par un homme armé déguisé en Père Noël qui a ouvert le feu mercredi peu avant minuit sur les convives d'un réveillon à Los Angeles, selon un nouveau bilan communiqué jeudi par la police. Trois personnes sont toujours portées disparues à la suite de ce massacre qui s'est produit dans une maison de Covina, à 37 km à l'est de Los Angeles, a précisé la police californienne. Le principal suspect, Bruno Pardo, 45 ans, a été retrouvé mort, tué d'une balle dans la tête, quelques heures après la tuerie." 

Voilà une fois de plus un drame conjugal qui se transforme en boucherie. Dans un pays où le sensationnel fait la joie des médias en quête d'audimat, une telle tragédie est véritable "cadeau de Noël". Rien de plus normal de voir ça dans une société qui pratique la peine de mort et autorise la vente libre des armes. 



En Irak aussi le père Noël est venu apporter des cadeaux par milliers. A cause des rebelles irakiens il a préféré de venir en hélicoptère car son traineau était une cible trop facile. Il est descendu apporter au boys américains venu défendre le "monde libre" et combattre "les forces du mal".  Qu'ont-il pu chanter ses braves boys américains ?

"Petit papa Noël
Quand tu descendra du ciel
Apporte nous des roquettes par millier"




Obama a promis de retirer les troupes américaines pour renforcer celles d'Afghanistan. Il préfère choisir un Viet-Nam pour un autre. George W. Busch était quand à lui génial. Che Guevara disait que pour détruire l'impérialisme il fallait "créer deux, trois Viet-Nam". Avec Busch les Etats-Unis occupent l'Afghanistan et l'Irak. Une guerre sa rapporte que si elle est courte et victorieuse mais si elle se traduit par une occupation d'un territoire sans solution immédiate pour se retirer "dans l'honneur", elle s'éternise mais devient coûteuse. Combien coûte l'occupation de l'Afghanistan et de l'Irak au contribuable américain qui en plus doit payer de leur poche les conséquences de la crise financière ? Pour reprendre un célèbre slogan publicitaire on pourrait dire ironiquement :
"Che Guevara l'a rêvé, Busch l'a réalisé".   

L'année 2008 a été marqué par l'élection de Barak Obama a la présidence des Etats-Unis. Un noir à la Maison Blanche, qui l'eut cru ? Martin Luther King l'avait rêvé et Gorge Busch l'a réalisé en quelque sorte car Obama doit surtout sa victoire à la politique désastreuse de son prédécesseur. Ce dernier lui a laissé, après 10 ans de mandat, une "Maison Blanche" en fort mauvais état. Que va dire le texan G. W  Busch à l'afro-américain Barak Hussein Obama au moment de la passation des pouvoirs.  "Tiens négro (nigger en anglais) voilà les clés et tu me nettoie cette baraque".  Comme quoi les sales boulots ça reste toujours pour les noirs. Barak Obama hérite d'une crise économique aussi grave que celle de 1929 avec en prime une politique extérieure avanturiste aux lourdes conséquence. Bon courage pour le futur président.   



Il est vrai que Barak Obama n'est pas tout à fait noir. Sa mère est blanche et son père originaire du Kenya. Il n'est pas non plus descendant d'esclave ce qui le différencie de Malcom X et de Martin Luther King. Des mauvaises langues diront de lui que ce n'est qu'un "bounty" (noir dehors et  blanc dedans).  A quoi bon de polimiquer. Barak Obama c'est présenté non pas en tant que noir mais en tant que citoyen à cette élection et c'est dans ce cadre là qu'il a été élu. Sa victoire demeure un symbole pour un pays qui a souffert de l'esclavage, du massacregénocidaire des Amérindiens, de la ségrégation (jusqu'aux années 1960 les mariagesinteraciaux étaient interdit aux Etats-Unis). Mais je doute que sa politique sera différente que celle de son prédécesseur. Peut-être moins pire(mais peut-on faire pire que Busch ?). Sa logique reste toujours la défense du capitalisme et de l'économie du marché. Or les deux systèmes sont incompatibles avec la justice sociale et l'écologie. 

Petite anecdocte qui a été relaté par Michael Moore réalisation de Bowling for Colombine(pour revenir à notre premier sujet). En avril 1968, le jeune Michael était dans son église paroissiale près de Chicago avec sa famille lorsqu'un paroissien était venu annoncer l'assassinat de Martin Luther King. Les assistants (tous blanc) avaient crié de joie à l'annonce de cette nouvelle. C'était ça l'Amérique 40 ans plus tôt. 

La victoire d'Obama est l'ordre du symbolique pour ce qui est du reste il est encore trop tôt pour juger un chef d'Etat qui n'est même pas entré officiellement en fonction. Je me réjouie pour le symbole mais pour le reste "wait and see". 



Revenons au père Noël. Il est rouge et blanc depuis qu'une célèbre marque de soda l'a récupéré pour faire sa pub. Le seul mérite c'est d'avoir "déchristianisé" cette fête qui elle même avait été récupérée par les chrétiens. La fête de Noël était à l'origine une fête païenne célébré lors du solstice d'hiver. Les chrétiens l'ont récupéré pour en faire la fête de la nativité c'(est à dire pour célébrer la naissance du Christ (ce dernier n'est certainement pas né un 25 décembre). Le père Noël sponsor des marques de boisons et de jouets a "vidé les gens au profit des temples de la consommation". Dans les années cinquante un prêtre catholique français avait organisé en Bourgogne la destruction du père Noël. Sur la place du village et devant son église un père Noël en effigie avait été brûlé comme au bon vieux temps de l'inquisition.   


"Dieu est mort" a proclamé Nietzche .... et c'est le père Noël qui l'a tué.

"Les XXIe siècle sera religieux ou pas" disait Malraux. Pour l'instant il est religieux et sa religion c'est le marché avec sa société de consommation. Avec la crise cette religion survira-t-elle ? On espère que non pour le bonheur de l'humanité et la préservation de la planète.    


Pour terminer l'année en chanson rien de tel qu'un Tryo : "Toi et moi" avec leur clip fort sympatique. A découvrir.

http://www.youtube.com/watch?v=gQEmoZBq9y0

Par Dolcino - Publié dans : Débat
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Mardi 16 septembre 2008

Marseille vient tout juste d'être désignée capitale européenne de la culture pour 2013. Elle partage son titre avec la ville slovaque de Kosice. En tant que Marseillais de naissance j'aurai pu sauter de joie. Et pourtant je reste perplexe. J'ai tendance à penser que ce "prix" ouvre la voie à de nouvelles spéculations immobilière. Depuis que Marseille est à trois heures de Paris, la spéculation immobiliaire bas son plein. 

Certes depuis quelques mois le prix de l'immobilier baisse et la crise outre antlantique se fait sentir. Cela  me réjouis et m'inquiète. Si les spéculateurs s'en prennent plein la figure, les crises génèrent conflit et violence. Le pire est devant nous...

Revenons à la culture. A la télé on nous parle d'un bonus pour Marseille en terme financier.Culture rime avec argent. Quel beau monde dans lequel on vit.

Je me souviens d'une scène du film de Jean Luc Godard Le Mépris (réalisé en 1963 année de ma naissance). Dans cette scène le cinéaste Fritz Lang se dispute avec un producteur américain. Ce dernier s'énerve et sort son carnet de chèque et lui répond : "Quand j'entends le mot culture je sorts mon carnet de chèque". La culture est-elle devenue un simple objet de marchandise ? Hélas oui. On ne possède plus les oeuvres pour sa beauté mais pour sa valeur. 

Van Gogh n'a jamais vendu une toile de son vivant (sauf une pour une bouteille de vin selon les dires de certain). Après son suicide il est devenu un peintre à la mode. Ce peintre hollandais qui est venu en Provence à la recherche du paradis vivait comme un marginal.



Dans le Forum Républicain du 30 décembre 1888, un hebdomadaire d'Arles, on pouvait ce fait divers :

"Dimanche dernier, à 11 heures 1/2 du soir, le nommé Vincent Vangogh [orthographié ainsi par le journaliste], peintre, originaire de Hollande, c'est présenté à la maison de tolérence n° 1, a démandé la nommé Rachel, et lui a remis ... son oreille en lui disant : "Gardez cet objet précieusement". Puis il a disparu. Informé de ce fait qui ne pouvait être que celui d'un pauvre aliéné, la police c'est rendue le lendemain chez cet individu qu'elle a trouvé couché dans son luit, ne donnant presque plus signe de vie.
Ce malheureux a été admis d'urgence à l'hospice."

C'est uniquement par cette seule information que les habitants d'Arles on appris l'existence de Van Gohg. Rien sur ça peinture. Peu de gens savaient ce qu'il peingnait. Qui pouvait comprendre ce peintre tourmenté et suicidaire qui fuyait l'europe grise du nord ? ce fils de pasteur déçu par la société dans laquelle il vivait ?

Van Gogh reste un de mes peintres préférés. En 2000 j'ai eu l'occasion de voir une exposition Van Gogh à Martigny en Suisse.

Vincent Van Gogh s'expose aujourd'hui à Marseille. Il partage la scène avec une autre peintre : Adolphe Joseph Thomas Monticelli. Ce peintre marseillais, qui contrairment à Van Gogh a vécu de sa peinture, n'a pas eu la même renommée que celle de son confrère hollandais. On sait peu de chose de Monticelli si ce n'est qu'il est un enfant abandonné. Longtemps oublié, il est redécouvert. 

Si vous êtes désormais dans le coin n'hésitez pas de faire un tour à cette exposition. 
   


http://www.marseille-tourisme.com/fr/a-marseille/que-faire/van-gogh-monticelli/


Van Gogh - Monticelli

 

Exposition du 16 septembre 2008 au 11 janvier 2009

Centre de la Vieille Charité, Marseille



Par Dolcino - Publié dans : Culture
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Dimanche 14 septembre 2008
Jeu des 7 différences




Le Pape Benoit XVI est-il l'empereur Palpatine de la guerre des étoiles ?

Et si il était venu à Lourdes uniquement pour voir Sarko Vador ? Allez savoir ? 

Un nouveau complot des forces obscures contre la république laïque se tramerait-il ?

J'en serais pas surpris......

Obi-Wan Kenobi, Luke Skywalker, Han Solo à l'aide !

Venez nous délivrer des forces du mal.
Par Dolcino - Publié dans : Humour
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Mercredi 3 septembre 2008


La doctrine de l'économie de marché et de la libre entreprise pour ne pas dire de la libre exploitation est devenue la religion du XIXe siècle. Penser autre que l'économie de marché c'est faire figure d'héritique.

De la naissance jusqu'à sa mort l'homme est devenu un simple consommateur. Il doit travailler plus pour consommer plus. Désormais l'économie n'est plus au service de l'homme mais l'homme au service de l'économie.

Mais face à cette religion de l'argent d'autres voix s'élèvent pour exposer et défendre une autre vision du monde. Des librairies indépendantes diffusent ces idées nouvelles et hérétiques.   

Ces librairies sont aussi des lieux de rencontre lorsqu'elles invitent des auteurs ou des associations débattre avec le public sur différents problèmes de société.

or aujourd'hui à Marseille l'une d'entres elles est menacée.

Païdos est de nouveau en danger et en danger grave !


La banque de la librairie a en effet, pendant la fermeture annuelle de celle-ci, décidé de dénoncer unilatéralement le découvert autorisé. Le responsable du compte, extrêmement gêné au téléphone, a du mal à se souvenir que le directeur de l'agence lui en ait parlé et pense que c'est lié aux "mouvements" insuffisants du compte ! Pas de discussion préalable malgré les fréquents
entretiens que nous avions jusqu'alors, pas d'avertissement...rien ne laissait présager une telle décision.

Pourquoi une telle méthode brutale et soudaine ?

D'autres librairies, engagées, sont-elles, elles aussi dans le "collimateur " de certaines banques ?

Est-ce un nouveau moyen de censurer les librairies qui diffusent des ouvrages qui ne se conforment pas à la doctrine de l'économie de marché ? 

Est-ce le nouveau mode de pression pour mettre au pas les librairies non conforme à la doctrine du tout marché ?

 
Pour faire face à cette mesure inique qui menace cette librairie, des fidèles propose de manifester votre soutien en venznt acheter des livres à Païdos ...
Plutôt qu'une souscription, cela permettra de faire vivre le fonds de la librairie.

En plus des horaires habituels, deux jours de ventes et de rencontres seront organisés les 13 et 14 septembre à partir de 10 heures, avec une soirée festive le samedi 13 au soir.


Et si vous n'avez pas les moyens d'acheter un livre venez quand même faire un tour à la librairie avec vos amis et faite la connaître à tous ceux qui aiment se procurer des ouvrages de qualité dont la plupart sont boycottés par les gros médias (et pourtant de meilleure qualité que ceux que produisent nos pseudo-intellectuels (autoproclamés) de la télé.   


Librairie Païdos 54 cours Julien 13006 Marseille

04 91 48 31 00 - librairiepaidos@wanadoo.fr

Par Dolcino - Publié dans : Culture
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Jeudi 21 août 2008

49 bébés morts au cours de tests cliniques à New Delhi


Le Monde : 20 août 2008



Depuis le 1er janvier 2006, 49 bébés sont morts à l'Institut des sciences médicales, à New Delhi, où ils subissaient des tests cliniques. Tous ont servi de cobayes pour de nouveaux médicaments mis au point par des laboratoires étrangers, dont les suisses Novartis et Roche.

En deux ans et demi, le département pédiatrique de l'hôpital a conduit une série de 42 tests sur 4 142 bébés, dont 2 728 âgés de moins d'un an. L'Institut a réagi en affirmant que toutes les morts ne pouvaient pas être imputées aux traitements administrés. "Dans certains cas, la mort était l'aboutissement normal au vu de l'état de santé de certains patients. Nous voulions voir si un nouveau traitement pouvait améliorer la situation", a indiqué un porte-parole.

En moyenne, 40 % des dépenses engagées pour mettre sur le marché un nouveau médicament sont consacrés aux tests cliniques. En Inde, les cobayes médicaux coûtent de 20 à 60 % moins cher que dans les pays occidentaux.
Attirés par les compensations financières, les patients, pauvres et illettrés, se portent plus facilement candidats aux essais. Les réglementations en Inde sont moins contraignantes.

Le ministère indien de la santé a proposé l'année dernière le vote d'un amendement autorisant les laboratoires pharmaceutiques étrangers à tester leurs médicaments sur des patients indiens, avant même que leur innocuité ne soit démontrée. 139 tests médicaux sont en cours dans le pays, pour un budget estimé à 200 millions de dollars. D'ici à 2010, le marché de la sous-traitance des tests cliniques dans le pays pourrait atteindre 1 milliard de dollars.

L'Institut des sciences médicales a nommé un comité indépendant de cinq experts pour déterminer si la mort des 49 bébés est liée aux traitements qui leur ont été administrés. Le porte-parole du Parti du Congrès, qui dirige la coalition au pouvoir, a réclamé l'interruption de tous les essais cliniques, dans l'attente des premiers résultats de l'enquête.

Julien Bouissou

Réaction d'un lecteur du Monde :

1/ on teste sur ordinateur

2/ on teste sur les cellules

3/ on teste sur les rats

4/ on teste sur les singes

5/ on teste sur des volontaires

6/ on teste sur des bébés

7/ on teste dans les campagnes sous-développées du sous-continent

Les sept plaies de l'humanité ? Non car en 8/ on est sûr de gagner en bourse.

LA HONTE



Par Dolcino - Publié dans : Actualité
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Mercredi 20 août 2008


La situation en Afghanistan ressemble de plus en plus à la situation qu'on connu les Russes dans les années 1980. Ce qui fait que l'Afghanistan est devenu le "Viêt-Nam du XXIe siècle".

Feu Che Guevara disait que pour détruire la puissance américiane il fallait "créer deux, trois Viet-Nâm". Aujourd'hui on peut dire ironiquement : "Che Guevara l'a rêvé, Busch l'a réalisé". 

La question de la présence française en Aghanistan se pose de même que son alliance inconditionnelle avec les Etats-Unis.



Analyse lue dans Libération


«On ne peut ni gagner militairement ni partir»


http://www.liberation.fr/actualite/monde/346367.FR.php

 

Dix militaires français ont été tués hier mardi en Afghanistan. Olivier Roy, chercheur au CNRS, explique l’enlisement des Occidentaux dans ce pays.


Recueilli par Marc SEMO


Libération : mercredi 20 août 2008


Chercheur au CNRS, Olivier Roy, a écrit plusieurs ouvrages sur l’Asie centrale, dont l’Afghanistan, et sur l’islamisme. Son prochain livre la Sainte ignorance sort fin septembre (éd. Seuil).


Quelle est l’importance de l’insurrection talibane ?


Le mouvement taliban est l’expression d’une identité tribale pachtoune, la principale ethnie du pays, et l’insurrection se limite aux zones pachtounes. Les autres régions du pays sont plus ou moins calmes ou connaissent une insécurité d’intensité variable due au banditisme. Après le renversement du régime taliban en 2001, la coalition internationale avait mis au pouvoir Hamid Karzaï afin d’avoir un leader pachtoune. Cela n’a pas marché parce que l’aristocratie pachtoune dont le Président est issu, avait perdu depuis déjà des années le pouvoir sur les tribus au profit de chefs talibans venant de familles plus pauvres. Le mouvement taliban exprime autant une mutation sociologique de la société pachtoune qu’une idéologie néo-fondamentaliste prônant l’application intégrale de charia mêlée au rejet de tout ce que représente l’Occident.


Que peut faire la coalition ?


L’insurrection talibane n’est pas homogène. Il y a en son sein une tendance qui s’inscrit dans la mouvance du djihadisme international et une autre plus nationaliste afghane qui est celle du mollah Omar. Ces chefs talibans estiment que le mouvement s’est beaucoup trop aligné sur Al-Qaeda. C’est ce qui s’est passé en Irak avec les chefs de tribus sunnites. Là-bas, les Américains ont négocié, mais pour le moment, ils refusent de le faire en Afghanistan car l’administration Bush considère les talibans exclusivement comme un mouvement terroriste. On voit là l’obstacle créé par l’idéologisation de la guerre contre le terrorisme par l’administration Bush. Cette négociation avec une partie des talibans représente pourtant la seule issue. Il n’est pas possible de gagner militairement cette guerre et il n’est pas possible non plus de quitter l’Afghanistan en le laissant dans le chaos. Des contacts existent déjà, notamment pris par les Britanniques. Beaucoup, comme les Français, se contentent de répéter qu’ils resteront là jusqu’à ce que l’armée afghane soit capable de prendre le relais. Ce qui risque de durer très longtemps.
Jusqu’en 2005 l’Afghanistan semblait un modèle. Que s’est-il passé ?


Il y a l’échec du gouvernement Karzaï sur fond d’incompétence et de corruption généralisées aussi bien pour l’administration centrale qu’au niveau local. Mais la dégradation de la situation s’explique avant tout par l’offensive menée par le mouvement taliban depuis ses bases arrière dans les zones tribales pakistanaises peuplées de pachtounes. Bien qu’officiellement allié des Etats-Unis, le Pakistan au travers de ses services secrets - l’ISI - aide et manipule depuis le début les talibans. Les services pakistanais étaient ainsi derrière l’attentat contre l’ambassade indienne à Kaboul.


Quelle est aujourd’hui la situation militaire ?


La coalition internationale se trouve en difficulté à cause du décalage entre sa mission originelle et la situation sur le terrain. Au début, les choses étaient claires : les forces de l’Isaf s’occupaient du maintien de la paix et les Américains, avec «Enduring Freedom», de la contre-guérilla. A partir de 2006, les deux missions ont de fait fusionné et tout le monde s’est trouvé à faire de la contre-guérilla sans en avoir souvent les moyens. Jusqu’il y a encore un an, il y avait 30 000 hommes en Afghanistan, soit quatre à cinq fois moins qu’en Irak pour un territoire plus vaste et plus difficile. Maintenant, on approche des 60 000 hommes, mais ces forces sont très hétérogènes avec plus de quinze nationalités représentées, des rotations trop fréquentes des officiers et d’immenses carences en terme de renseignement. Les talibans et leurs protecteurs pakistanais visent en priorité les Européens parce qu’ils savent qu’ils sont militairement et politiquement le maillon le plus faible.


Quelle est l’importance de l’insurrection talibane ?


Le mouvement taliban est l’expression d’une identité tribale pachtoune, la principale ethnie du pays, et l’insurrection se limite aux zones pachtounes. Les autres régions du pays sont plus ou moins calmes ou connaissent une insécurité d’intensité variable due au banditisme. Après le renversement du régime taliban en 2001, la coalition internationale avait mis au pouvoir Hamid Karzaï afin d’avoir un leader pachtoune. Cela n’a pas marché parce que l’aristocratie pachtoune dont le Président est issu, avait perdu depuis déjà des années le pouvoir sur les tribus au profit de chefs talibans venant de familles plus pauvres. Le mouvement taliban exprime autant une mutation sociologique de la société pachtoune qu’une idéologie néo-fondamentaliste prônant l’application intégrale de charia mêlée au rejet de tout ce que représente l’Occident.


Que peut faire la coalition ?


L’insurrection talibane n’est pas homogène. Il y a en son sein une tendance qui s’inscrit dans la mouvance du djihadisme international et une autre plus nationaliste afghane qui est celle du mollah Omar. Ces chefs talibans estiment que le mouvement s’est beaucoup trop aligné sur Al-Qaeda. C’est ce qui s’est passé en Irak avec les chefs de tribus sunnites. Là-bas, les Américains ont négocié, mais pour le moment, ils refusent de le faire en Afghanistan car l’administration Bush considère les talibans exclusivement comme un mouvement terroriste. On voit là l’obstacle créé par l’idéologisation de la guerre contre le terrorisme par l’administration Bush. Cette négociation avec une partie des talibans représente pourtant la seule issue. Il n’est pas possible de gagner militairement cette guerre et il n’est pas possible non plus de quitter l’Afghanistan en le laissant dans le chaos. Des contacts existent déjà, notamment pris par les Britanniques. Beaucoup, comme les Français, se contentent de répéter qu’ils resteront là jusqu’à ce que l’armée afghane soit capable de prendre le relais. Ce qui risque de durer très longtemps.


Jusqu’en 2005 l’Afghanistan semblait un modèle. Que s’est-il passé ?


Il y a l’échec du gouvernement Karzaï sur fond d’incompétence et de corruption généralisées aussi bien pour l’administration centrale qu’au niveau local. Mais la dégradation de la situation s’explique avant tout par l’offensive menée par le mouvement taliban depuis ses bases arrière dans les zones tribales pakistanaises peuplées de pachtounes. Bien qu’officiellement allié des Etats-Unis, le Pakistan au travers de ses services secrets - l’ISI - aide et manipule depuis le début les talibans. Les services pakistanais étaient ainsi derrière l’attentat contre l’ambassade indienne à Kaboul.


Quelle est aujourd’hui la situation militaire ?


La coalition internationale se trouve en difficulté à cause du décalage entre sa mission originelle et la situation sur le terrain. Au début, les choses étaient claires : les forces de l’Isaf s’occupaient du maintien de la paix et les Américains, avec «Enduring Freedom», de la contre-guérilla. A partir de 2006, les deux missions ont de fait fusionné et tout le monde s’est trouvé à faire de la contre-guérilla sans en avoir souvent les moyens. Jusqu’il y a encore un an, il y avait 30 000 hommes en Afghanistan, soit quatre à cinq fois moins qu’en Irak pour un territoire plus vaste et plus difficile. Maintenant, on approche des 60 000 hommes, mais ces forces sont très hétérogènes avec plus de quinze nationalités représentées, des rotations trop fréquentes des officiers et d’immenses carences en terme de renseignement. Les talibans et leurs protecteurs pakistanais visent en priorité les Européens parce qu’ils savent qu’ils sont militairement et politiquement le maillon le plus faible.


 
Lu dans Le Figaro. Un point de vu strictement militaire mais qui reste très interessant. 


http://www.lefigaro.fr/international/2008/07/29/01003-20080729ARTFIG00373-la-guerre-contre-le-terrorisme-ne-sert-a-rien-.php

La «guerre contre le terrorisme» ne sert à rien



Le figaro.fr : 29 juillet 2008
Laurent Suply avec AFP


Un groupe de réflexion a mis en évidence que la solution militaire est inefficace contre la plupart des groupes terroristes. Pour battre al-Qaida, il préconise une nouvelle stratégie basée sur le renseignement et la police, et de changer de vocabulaire.
 

Une autopsie du terrorisme pour trouver la stratégie susceptible de vaincre al-Qaida. C'est à cet exercice statistique que s'est livré la RAND Corporation, un groupe de réflexion américain qui travaille régulièrement pour le Pentagone. Pour tenter de comprendre le destin des groupes terroristes, les chercheurs ont compilé des données sur 648 groupes recensés à travers le monde entre 1968 et 2006.


Ils ont distingué chaque groupe en fonction de ses effectifs, ses buts, ses revenus financiers, du régime politique de son territoire d'implantation, de son orientation (religieux ou politique) et de ses buts. Ils ont ensuite passé au crible leurs destins. Sur les 648 groupes étudiés, 244 sont toujours actifs, et 136 se sont fragmentés ou ont fusionné avec d'autres groupes.


Les groupes religieux plus tenaces



Et parmi ceux qui ont effectivement cessé d'utiliser le terrorisme, les statistiques parlent d'elles-mêmes. La « bonne nouvelle » est que seuls 27 groupes (10%) ont cessé leurs activités après avoir rempli leurs objectifs, par exemple le FLN algérien. 114 (43%) ont déposé les armes suite à un accord politique avec l'Etat. Quant à ceux qui ont été réellement vaincu, 107 (40%) l'ont été par des moyens policiers et juridiques, les principaux étant le renseignement humain, l'infiltration des cellules, l'arrestation des leaders et le développement de la législation antiterroriste. Et 20 groupes seulement ont été écrasés sur le champ de bataille, par des moyens militaires, soit un pourcentage de 7%.


L'objectif du rapport étant d'évaluer les bonnes pratiques pour défaire al-Qaida, les historiques des mouvements similaires ont été spécialement étudiés. Mauvaise nouvelle : les groupes d'inspiration religieuse sont bien plus résistants que ceux qui ont une vocation politique. Depuis 1968, 62% des groupes terroristes ont cessé de nuire. Sur la même période, ce pourcentage tombe à 32% si l'on ne compte que les groupes religieux.


L'étude exclut d'office la solution politique pour al-Qaida, dont le but avoué est de renverser les gouvernements du Maghreb, du Proche et du Moyen Orient, pour unir le monde musulman sous une même bannière. La RAND Corporation estime que la probabilité d'un succès d'al-Qaida est proche de zéro, mais les statistiques montrent que les chances de parvenir à un accord politique sont d'autant plus faibles que les objectifs d'un groupe sont larges et ambitieux.


Quant à la solution militaire, à l'œuvre actuellement, l'étude conclut qu' « il n'y a aucun solution au terrorisme sur le champ de bataille ». Et d'ajouter que la force brute a souvent « l'effet inverse » en attisant l'hostilité des populations, fournissant ainsi un réservoir de recrue aux terroristes. Le groupe note une augmentation des actions d'al-Qaida dans un rayon plus large, et juge que la stratégie américaine de « guerre contre le terrorisme » n'a pas réussi à affaiblir la nébuleuse terroriste.


Une armée présente mais discrète



Quelle stratégie adopter alors ? L'étude préconise un combat sur deux fronts. D'abord, mettre l'accent sur la solution policière contre al-Qaida dans le monde, en augmentant les budgets de la CIA et du FBI. Objectif : cibler les principaux « nœuds » du réseau al-Qaida, qu'il s'agisse de points de décision, de communication ou de financement. Cela implique également de mettre hors d'état de nuire les chefs des réseaux, avec les règles qui s'imposent dans un état de droit. Le rapport cite notamment un membre de l'Unité de Coordination de la Lutte Antiterroriste française, qui fait part d'une tactique citée en exemple : concentrer les efforts de polices sur des délits annexes tels que le trafic de drogue, plus facile à prouver devant un tribunal, pour mettre les suspects « à l'ombre » sans attendre qu'ils aient commis un attentat.


Ensuite, l'étude ne plaide pas pour un désengagement militaire total, en particulier pour la situation particulière de l'Irak, où al-Qaida participe à une insurrection armée globale. L'histoire montre que la solution militaire est plus efficace contre les larges groupes de terroristes insurgés (19%) que contre les groupes terroristes en général (7%). Dans ces zones, la présence militaire est « nécessaire », mais le rapport souligne qu'il ne doit pas nécessairement s'agit d'une présence américaine. Les forces locales y auraient une plus grande légitimité, et une meilleure compréhension. Il faudrait donc, selon cette étude, que les Etats-Unis cantonnent leur rôle militaire en Irak à de la formation ou de l'armement.


La RAND Corporation suggère quelques pistes idéologiques. Par exemple, le groupe estime que les fatwas émises par le Conseil des Oulemas en Afghanistan clamant que les kamikazes n'auraient ni vierges, ni vie éternelle, ont été bien plus efficaces que les tonnes de tracts de propagande largués par l'aviation américaine.


Autre changement symbolique mais crucial : troquer la « War on Terror » (guerre contre le terrorisme), qui laisse croire à une solution purement militaire, contre le plus classique « counterterrorism » (antiterrorisme). De même, il s'agit de ne plus faire passer Ben Laden et consorts pour des guerriers engagés dans une guerre sainte mais pour de simples criminels.


 

Par Dolcino - Publié dans : Actualité
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